Filer doux

 

C’est dedans que ça se passe.

Dehors c’est chaud, c’est sale et les mouches collent aux commissures.

Cagnard-poussière ou blizzard d’enfer via la moite touffeur, chacun selon sa latitude a droit à son lot d’intempéries.

Alors rien de mieux qu’une bonne incruste à la maison en attendant que les éléments daignent se tempérer.

Tel les termites nous passons le plus clair de notre temps à l’ombre ; c’est là que s’élaborent au mieux nos élixirs de sapience, les sucs de notre race.

C’est dedans, après avoir tombé les outils du jour, que les vieux fourbus instruisent la jeunesse des plaisirs et dangers du vaste et tempétueux dehors.

En s’approchant de l’huis on entend de gais babils et puis parfois des rodomontades et des ronflons de grosses voix… et des claquements de dents de lait dans le lointain comme des castagnettes. C’est le son de l’éducation, qui ressemble à s’y méprendre à celui d’une bouteille pleine se déversant  à gros glouglous dans une fiole vide… et plus le niveau monte, moins ça fait de bruit…

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Homère, post muméro 45839 sous le précédent billet : (cliquez longuement pour aller le lire dans son contexte) :

 

Ce serait un chouette thème de discussion, l’éducation des mômes : comment chacun fait ou a fait avec les siens, et ce que ça donne, et ce résultat, que doit-il − à l’éducation formellement transmise – aux qualités des mômes – à ce qu’ils ressentent de la façon de vivre et de penser des adultes autour d’eux – à la stimulation de leur propre intelligence/curiosité/créativité… etc…

Quand j’explique un truc à la mienne, j’en arrive toujours naturellement à relativiser l’information transmise, en lui expliquant que bon, on pense que c’est comme ça mais peut-être qu’on trouvera un jour une meilleure explication puisque de toute façon il est impossible de tout expliquer. Et ça la rassure vachement de savoir que rien n’est absolument certain.

Pour l’autorité et la discipline, je lui explique que pas de bol, c’est comme ça, je suis le chef et en attendant elle ne peut rien faire d’autre que de m’obéir, même quand je suis très con, et quand je serais décati, ce sera l’inverse…

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Billet-express de nuit pas prévu au programme, mais vu l’abondance de commentaires sous le précédent, mieux vaut continuer la causette sous celui-ci.

C’est parti.

Top banzaï !

[hurlement de turbines en piqué dans le lointain]


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Sauvage à cœur

Quand tu as vu le sauvage de très près, rien n’est plus pareil.

Pour ceux qui se font manger c’est drôlement vrai, et pour ceux qui sont restés à la juste distance ça l’est tout aussi bien ; un souffle passe qui te remet dans le chemin creux de ce qui est notre tréfonds vibratile, aussi constitutionnel que les amines de notre plus  intime chimie.

Une fois rejoint, le sauvage t’accompagne au fil du temps restant sans te lâcher d’un pas. Tu es cuit pour le civilisé et ce n’est pas si mal ; comme un chat de gouttière qui pique à l’occasion dans la gamelle du gros matou chaponné.

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Bien sûr ce n’est plus possible de vivre avec ces chats ; ni le sauvage léopard qui fait regimber le grand éléphant sous le crochet du cornac moustachu, ni celui des appartements douillets abondamment garnis de croquettes.

Alors ce sont errance et ruses de Sioux qui t’attendent dans cet entre-deux, pour le restant de tes petits soleils ; plongé dans un monde où ces deux se côtoient et s’ignorent tu gardes tes distances et te tiens, funambule sur un fil les reliant ; ne surtout pas tomber.

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Le voyageur fait ça : s’élancer et rebondir de sauvage en civilisé. Il n’est jamais rivé, même s’il en a tout l’air depuis des générations. Je m’en rends compte depuis quelques après-midis passées en compagnie de James qui bien que manouche, a nettement moins de bornes au compteur que moi et partage pourtant le même frisson quand nous parlons de nos ailleurs de rêve à l’atelier, au milieu des machines désossées et des écrans scintillants.

Là, nous sommes au cœur de notre craton antique dans la jungle indienne qui nous attire comme un aimant géant et deux léopards rôdent à l’entour. Et quand un client survient nous faisons comme si de rien n’était.

Au dessus de nos têtes les deux matous de la maison roupillent sur le canapé à côté des pots de plantes tropicales attendant sagement leur grande sortie de printemps sur la terrasse.

 

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Betterave Mémorial Barbecue

 

Ceci est un billet-joute destiné à instaurer la zizanie et engendrer une guerre interne entre déconnologues, car nous ne nous entr’épluchons pas suffisamment, je trouve. Trois petits ronflons en plus de quarante mille commentaires, c’est nul. La bisounourserie bisoutesque, c’est fini ; qu’on se le dise.

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C’est la faute à lamorille qui sentait fort et était parti s’étriller sous la douche, ici : CLIQUEZ SEC et nous avait passé ce court-métrage de Martin Scorcese « The big Shave » datant de 1967 pour nous faire patienter.

http://sd-16847.dedibox.fr/sites/blogacyp/wordpress/video/The_Big_Shave.mp4

Et là, t’as Alain qui se pointe et embraye sur Frank Zappa. Et dans la foulée t’as Lemmy qui rapplique avec un poster de Zappa… et tous les Zappaphiles et tous les Zappaphobes nous tombent sur le râble dans le sillage de leur Grand Maratattaoû N°6, qui menace de quitter l’Ici-Blog si j’écris un billet sur notre guitar hero qui le répugne autant que les betteraves rouges.

Dans la salle, les passions s’exaspèrent et la tension monte, insoutenable, palpable… deux hors-sujets qui fâchent, ça fait beaucoup pour une seule Déconnologie déjà partagée sur ces points délicats et prête à se crêper le chignon et la calvitie triomphante à la moindre occasion.

lamorille, qui est à l’origine de tous nos maux, en remet une couche et jette de la vinaigrette sur les betteraves en déclarant qu’il n’aime pas ce légume fabuleux qu’est Frank Zappa. La mère Dodu non plus, qui se déclare numérosixienne à outrance, avec un bémol tout de même : elle ne déteste que le Zappa rouge cru. Cuit, ça passe. Malatrie et Mon-Al la rejoignent dans son sous-clan.

Heureusement, Alain est là, qui trouve enfin le lien mystique unissant not’ vénéré Frankie et la Sainte Betterave : CLIQUE et  RE-CLIQUE.

Silence mortel dans la salle : face à cette révélation, les phobes sont cois et les doigts ballants.

Le professeur Choron aussi aimait les betteraves, ceci dit, et s’il avait rencontré Frank Zappa ils auraient fait des chansons délirantes ensemble, j’en suis certain :

http://sd-16847.dedibox.fr/sites/blogacyp/wordpress/video/choron.mp4

Ce billet étant destiné à éradiquer les Zappabetteravophobes, je demande à ceux de ma race de me suggérer des titres de Zappa qui les ont marqué afin d’en foutre plein les tympans à la partie adverse. Je les mettrai en ligne au fur et à mesure là-dessous.

Banzaï !

 

ZOMBIE WOOF (Over-Nite Sensation 1973) (à la demande de JFKO)

DIRECTLY FROM MY HEART TO YOU (Weasels Ripped My Flesh 1969) (un de mes morceaux préférés)

BLOUSS (par James Charbonnier et ses potes) (Jazz manouche enregistré sur un portable trouvé à la benne par un guitariste habitué de mon petit atelier, histoire d’adoucir les mœurs des  déconnologues anti-Zappistes)

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Fouette bobonne !

Ceci est un billet-concept : je l’écrirai au fur et à mesure de vos commentaires.

Il répondra à la question posée hier par l’abominable Kebra hier, ici : DOIT-ON FOUETTER LES FILLES ?

 

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Ginko dit que oui, mais seulement si elles en font la demande ; il précise par ailleurs qu’elle sont toutes demandeuses mais que nulle d’entre elles n’ose l’avouer. Ce que confirme Marina avec un petit clin d’œil malicieux qui ne laisse guère place au mystère…

Lemmy, grand connaisseur, n’est pas pour le fouet − instrument difficile à manier − : il favorise la fessée et le ligotage langoureux.

Notre ami conservateur (en chef) du patrimoine avec lequel Annie s’entretient présentement au téléphone, dit : « pourquoi ne faut-il fouetter que les filles », et « faut-il fouetter uniquement les personnes qui le demandent ? ».

Pseudo abonde dans le sens de not’ conservateur (en chef) : « faut-il aussi fouetter les hommes ? ».

Dodu affirme que ce sont là des fantasmes typiquement masculins… (j’ai des doutes).

Banana trouve l’art du shibari assez tentant, mais craint l’assoupissement  du maître-noueur

Mon-Al et Pseudo sont d’accord sur le fait qu’il ne faut pas que ça fasse mal… ou alors juste un tout petit peu… ce qu’il faut pour faire grimper aux rideaux…

Ben85 fouette du calbute en adepte certifié de la crassophilie hydrofuge. Le fumôt dégagé par not’ sporteux officiel attira irrésistiblement N°6, qui lui fit très justement remarquer que « le sport , c’est du sado masochisme de la pire espèce puisqu’en plus cette pratique immonde hypocrite n’ose même pas s’en revendiquer… »

Insidieusement vers neuf heures du premier soir, la déconnologie glisse vers le Hors-Sujet : il n’est plus question de fouetter quiconque, mais de humer des vapeurs sui generis de haute graisse.

À minuit, Camille revient sur le Sujet en proposant une séance de martinet aux déconnologues volontaires, qui se débinent tous, kondukator inclus, en faisant des pirouettes.

 

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La belle Destinée

Notre Paulo s’en est allé vers sa belle destinée il y un lustre exactement et ses copines du banc de la place au bas du coustalou l’y ont rejoint une à une en catimini sans se presser.

Ça s’est trouvé comme ça, qu’ils se soient rencontrés sur ce banc − son banc, vide depuis − sur le tard, n’ayant plus bézef à aller devant soi. Regarder passer les voitures, commenter les piétons et s’esbaudir en brochette. Se bourrer de petits coups de coudes les côtelettes en s’esclaffant aux bons mots de l’une et l’un en se foutant de la poire de la pimbêche en calèche se curant le nez avec application à son volant, au feu rouge. Et de ce hobereau péteux bien calamistré, gros vigneron avide et fat qui passe à pinces.

La vie qu’on aurait toujours dû avoir et qu’on a tant attendu ; et puis enfin voir ceux qui se sont tant croisés debout sans se voir, s’asseoir ensemble et babiller jusqu’à plus soif  ; le bonheur à la bonne heure ;  puisque sans ça il n’est nul intérêt de persister à se  remplir un poumon de plus ; autant s’arrêter net et ne pas être.

Vieux, Paulo n’était plus le paria d’antan ; seule l’épicière lepéniste lui refusait toujours l’entrée de son magasin. Elle voulait arracher les couilles de tous les pédophiles et les leur faire bouffer crues et comme mon Paulo était le pédophile officiel de Puycity, mauvais pour sa gueule. Paulo était pédé, mais allez expliquer la différence à des gens qui n’aiment pas les pédés. Tous dans le même sac et le sac dans le fleuve. Surtout que ça se disait pas, dans le temps. Surtout pas. Un petit sourire de connivence entre piliers de comptoir et le rictus des commères, rien de plus.

Les mémés, là, elles ne lui auraient jamais parlé avant le banc de la place au pied du coustalou avant les varices. Sûr que non. Elles seraient passées devant Paulo en trottinant sans lui jeter un regard ou au mieux une œillade de mépris. Mais avec ces maudites guibolles lourdes, lourdes, lourdes… on n’a vraiment pas d’autre choix que d’atterrir avec son popotin sur le banc de Paulo et de s’y frotter le lard, et d’échanger des banalités sur le dernier loto des pompiers ou le bal des aveugles, et puis d’embrayer gravement dans la déconnique de combat.

Le banc, c’est important : il nous mène droit à notre belle destinée, il suffit de s’y asseoir à côté du vieux pédé qui fait tant de blagues qui font si bien rigoler qu’on ne voit plus le temps passer.

Et puis on se fait des bibises et on ourdit des plans-banzaïs et on se trace des plans sur la comète.

 

Ce billet est dédié à la belle Destinée en général, à celle de lamorille qui l’a inspiré et aux joyeux ectoplasmes du banc de notre ami Paulo, grand seigneur déconnologue.

Idée preum’s de Marina.

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En plein boum

Ça boume, première nouvelle.

Sérieux : on n’a pas à se plaindre ; concentrés on appuie sur des touches et des boutons et de l’autre côté de l’écran ça s’agite, ça couine et ça détonne. Des elfettes gambillent et des trolls velus se font épiler ; de vieux sages sauvent la mise.

Sous la table le matou Cachalot dégomme des croquettes en plein roupillon. Les filles pouffent de rire dans la pièce au dessus ; allez savoir pourquoi ou encore mieux ne cherchez pas : du lever au coucher on se bidonne à fond les manivelles dans not’ maison de l’Horreur© pleine de kondukators et de kondukatrices ; nulle explication rationnelle à ce joyeux sabbat…

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Idem pour l’Ici-Blog : y a pas de quoi pleurer souvent en lisant les commentaires ; pas besoin de tendre l’oreille pour ouïr fort et clair le tohu-bohu réjoui s’élevant du gang des Folichons depuis cinq mois bien révolus qu’on se retrouve Ici, déconnologues tous autant qu’on est jusqu’au tréfonds de notre tripaille désoxyribonucléique la plus intime − celle bien planquée entre les atominets.

La plupart d’entre nous se sont rencontrés sur le forum de Rue89 où y avait la bonne ambiance dans un temps pas si ancien, mais comme c’est plus tellement le cas de nos jours alors c’est chez moi qu’on squatte. Simple. La maison est ouverte en permanence et il y a largement de quoi nourrir et abreuver son monde à la cambuse ; le cuistot a le nez collé sur ses gamelles et ça mitonne au propane sur le piano.

Nonobstant, l’Ici-Blog n’est pas une annexe de Rue89 ni une loge discrète de ses aficionados : c’est d’abord et avant tout un speakeasy internétique en temps de Prohibition. Un tripot en plein air où les voyeurs sinistrés de la Tristouillerie peuvent tâter le fumôt fluté de nos concerts de pétomanes et savent pertinemment qu’en s’osant à quelques lignes Ici, ils se feront dévisser la tête et chier dans le corps à ras-bord dans la rigolade générale.

C’est dit, c’est édicté et c’est plié dans la foulée.

 

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