Archives par mois : août 2009

Presse-Croquette

Bonbecs à gogosUne fois de plus, je me casse de Rue89. Comme ça commence à chiffrer, je me dis que ce coup-ci est le bon. Le riducule ne tue pas, mais on sait jamais.

Pourquoi je le fais ? Pour tout un tas de raisons. La goutte d’eau, c’est que plusieurs centaines de messages ont été censurés en moins de deux jours. C’est beaucoup. Parmi ces discussions, il y en avait de bien intéressantes, et pas que celles où j’écrivais, ou Hulk – qui s’est barré aussi, aujourd’hui –, mais des dizaines d’autres blogueurs.

Comme ils ne savent pas ce qu’ils veulent, dans ce canard, et qu’ils se foutent de nos gueules, étant sain d’esprit, je retire mes billes.

Ce très court billet se prolonge dans les commentaires, qui ne seront pas censurés.

La discusse est ouverte !

 

 

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État Policier

Tamsin - 2009Nous y voilà : en plein état policier.

Même notre amie Tamsin a cédé à la pression : elle a elle aussi adopté un flic intérieur ; c’est très à la mode ces derniers temps.

Ça l’éclate et moi aussi. On se sent plus en sécurité ainsi ; rassérénés et nos taux d’hormones joyeuses grimpant aux rideaux.

Pourtant, dans le vaste univers, il est des êtres pusillanimes renâclant au port de la casquette : ils sont pleins de fiel et d’ennui, et la paranoïa les nimbe d’une pénible aura.

Ainsi, sur les grands forums dont nombre d’entre nous proviennent, nous en croisons souvent : drapés dans leur importance, ils caracolent en crachotant leur petit venin, et se la pètent tout en nous les brisant.

Le haut du panier de ces gens-là, c’est Julien Coupat : l’Homme Invisible que j’évoquais dans l’un de mes billets.

Et le fond du fond, c’est la trollesse multicompte de Rue89, dont nous ne retiendrons ici que l’appellation hulkienne : Pipirella.

Il s’agit donc dans cette discussion, de dire tout et n’importe quoi sur ces gens. Sans restriction aucune. Le hors-sujet est permis, et les gros mots aussi.

Et banzaï !

 

 

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Cacabouilla

cacabouilla - cliquer pour agrandirCe qui frappe, c’est la confusion générale. Tout mélangé dedans, en vrac : le grand n’importe quoi. Ça enfourne à l’ouillette à gaver les oies, et ça régurgite après agitation du cervelesque.

Ça pérore sans savoir et ça l’écrit sans vergogne sur l’internet, vu que nous sommes rendus à une époque dans laquelle tout un chacun peut s’épancher au moyen d’un clavier, et démontrer brillamment et bruyamment combien qu’il est con, confit, confus.

Monde de poulets picorant au hasard du bec les miettes éparses du savoir sans souci de l’abattoir ; monde heureux, béat d’extase et tout fier de roter sa prosette de rosette et pet foireux de cloaque. Qu’est-ce qu’ils sont bien, nos contemporains ; la chouette espèce.

Comme je reviens d’une longue virée sur la planète des forums où ça cause de tout, j’ai bien envie de parler de ce phénomène encore peu étudié, nos grands savants au doigts si délicats n’étant manifestement pas désireux de les tremper dans les innombrables trous du cul des dividus – peut-on parler d’individus en évoquant ces agrégats divers formant humains ?

Le sujet de la discusse est donc la confusion. Il nous est tous arrivés de lire ici où là des messages émanant de ces esprits troublés, souvent incompréhensibles, et qui renvoient le dialogue de sourds au musée.

Nous allons aborder le sujet des monologues autistiques de l’internet.

Comme d’habitude, tout est permis, même les coups les plus bas.

Les copiés-collés des posts les plus débiles provenant d’autres forums sont très bienvenus : nous en disserterons doctement.

 

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Coûte que Croûte

Carotte nouvelle. Cliquer pour agrandir l'image.Annie a été ce matin faire un tour à l’exposition d’art annuelle de Puycity ; elle m’a fait son rapport à mon petit lever, et j’en suis encore tout étourdi. C’est que nous n’avons rien à envier aux cimaises de la capitale, nous autres ; on a l’Art à portée de baskets, et pour pas un rond.

Et on ne s’embarrasse pas de grands principes, à Puycity : c’est rien que de la croûte de bonne facture de niveau CM1 avec des prix qu’on se remet entre soi. Celui qui possède la famille la plus nombreuse et le plus de gênes consanguins a gagné le grand prix : c’est simple.

Comme à Paris ou à New York, il y a de la peinture étalée sur des supports divers, avec des textes en dessous pour expliquer, des fois qu’on serait cons. On se passionne pour les artistes, qui sont des gens pas comme les autres. Et si l’artiste est étranger, c’est encore mieux, vu qu’on le comprend encore moins.

Les trucs aux murs, c’est des peintures, et ceux qu’on peut tourner autour, des sculptures. C’est pas des choses qu’on peut fabriquer en usine ; c’est ça, l’Art. C’est différent de l’industrie. Encore que pour les livres ou la musique, ça se discute. Mais aujourd’hui, je ne parle que de l’Art des trucs au murs et de l’Art au plancher.

Certains artistes poussent le vice jusqu’à accrocher au plafond, soit leurs peintures, soit leurs sculptures. Là, on pousse des gloussements admiratifs devant tant d’audace. Le conseil municipal n’en revient pas. Le correspondant de  la presse locale jubile, tout comme son prestigieux collègue de la presse nationale, à Paris.

Annie a ruiné le ménage il y a quelques mois en craquant pour ce chef-d’œuvre de l’art contemporain ; cette énigmatique carotte qui orne désormais un mur de notre chouette cuisine. Cinq euros avec le cadre sur un vide-grenier. Dans cinquante ans on sera riches, en le revendant à prix d’or. Rien que pour ça, j’ai tout pardonné à ma doudou d’amour.

Et mieux : comme j’écris très souvent sous ce tableautin, il m’est un constant rappel de la monstrueuse fumisterie de l’art contemporain. Parce que le pépé anglais dont nous avons grand-peine à décrypter la signature, en bas à droite de la chose, a mis tout son cœur dans sa carotte, lui, et sans arrière-pensée intéressée.

***

Donc c’est comme d’hab’ : on cause de n’importe quoi là en-dessous sans retenue, et tout est autorisé. Hors-sujets bienvenus.

Et banzaï !

 

 

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Altérés : go !

À Medrano - photo Annie Luraghi - 2009 - cliquer pour l'agrandir

C’est rigolo : un monsieur vient tout juste de sortir de mon petit atelier, où nous avons conversé pendant une petite heure. Il s’agit d’un touriste du 9-3 en goguette à Puycity.

Comme la porte est ouverte en grand dès qu’il fait un peu beau, il a jeté un œil curieux dans la boutique, car nous sommes des aborigènes que rien ne gêne, c’est bien connu.

Il avait envie de tailler la bavette, et moi aussi, vu que je calais sérieux sur le sujet de ce billet. J’avais l’illustration et le titre, mais rien à écrire en dessous… et comme mon premier client ne viendrait pas avant cinq heures, j’ai sauté sur l’occasion.

Le hasard fait bien les choses, et cette fois ne fait pas exception : je tenais là un authentique laïcard obsédé par la burqa – il en voit partout –, fanatique de ce fumiste de Michel Onfray, lecteur de la presse internet et bourré de préjugés débiles. Un petit monsieur à poil gris comme il y en a tant, et que nous croisons tous à foison dans les rue et sur les forums.

Maintenant qu’il est reparti bader dans les venelles et que mon client m’a déposé son ordino mal en point, j’ai le temps de dire ma conclusion : c’est pas gagné, je vous le dis tout net. Nous sommes, déconnologues distingués, très peu au monde. Spectateurs d’un cirque aux gradins presque vides, nous assistons, impavides, au petit numéro des pachydermes domestiques effectuant leur morne ronde.

Comme nul n’est plus normal que ce petit monsieur, je m’interroge sur la normalité : est-ce une forme de folie aussi ? Comment cet homme prétendument sensé, peut-il m’affirmer sans broncher naviguer au milieu d’un océan de femmes en burqas, alors que nos Grandes Oreilles n’en ont décompté que 367 en France ?

Vivons-nous en pleine hallucination collective ? Hein ?

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Destroy et Basta

Shiva, Parvati et le fiston Ganesh - cliquer pour agrandir l'image

Pour nous autres hindous, Shiva est le seigneur de la destruction, mais pas uniquement : il fout le souk pour casser la croûte de routine, un peu comme le jardinier passe sa binette dans le carré de haricots, laissant ainsi la terre respirer après la pluie d’orage qui l’avait transformée en boue imperméable. C’est en brisant qu’il permet à la vie de s’épanouir.

Et même si sa force brute emplit d’effroi les esprits pusillanimes, les âmes fortes apprécient son sens aigu de la bacchanale, car on peut tout à fait le comparer à un Dionysos en plus ityphallique encore. Un dieu bandant et rugissant : tout le contraire de notre grand gouvernant, donc.1

Parce que notre chef de la France détruit : c’est tout ce qu’il sait faire. N’est pas Shiva qui veut. Et il n’est pas le seul de par le monde à procéder ainsi : c’est à la mode.

Selon nous autres hindous, de temps à autre un avatar est envoyé pour remettre un peu d’ordre dans le vaste souk planétaire.2

Là, l’avatar du grand Shiva se fait attendre, je trouve. C’est long, un quinquennat par les temps qui courent. Il nous reste une étiquette sur les bras ; pis : une caricaturette de la sainte famille. Carla en Pārvatī et le petit Jean en Ganesh : tristes ersatz.

Détruire, c’est tout ce qu’ils savent faire. L’éducation d’abord : tout foutre en l’air en ricanant. Une vengeance d’élève médiocre ayant toujours rêvé de faire caca sur la chaise de l’instituteur. Puis casser la baraque ; c’est-à-dire pour de bon : tout le monde dehors ! Des bureaux, des usines et de partout ailleurs où ça travaille : vivez dans la peur du lendemain ; c’est naturel comme le dit Parisot. Rien de plus naturel qu’un huissier et une paire de gendarmes, un serrurier et les déménageurs. Nous avons un gouvernement écologique : remercions le grand Shiva d’avoir remis en cause nos minables certitudes. Qu’est-ce qu’on a été cons, de croire que nous pourrions continuer ainsi à vivre en paix. Merci de nous baffer la gueule !

Je sais : y a méprise. Déjà je ne suis pas hindou, premier point. Et Shiva je m’en fous ; et de deux. De notre gouvernement aussi : les autres prétendants ne valent pas un clou rouillé, non plus.

Mais ce que je vois, je le vois : un Caligula minus joue à la pétanque nationale et nous sommes tous ses cochonnets.

La question du jour est : qu’a fait cet homme, à part détruire, depuis qu’il est au pouvoir ? Trouvez-moi une seule mesure de bon sens émanant de son gouvernement et je brûlerai un bâtonnet d’encens népalais en l’honneur de Shiva sur notre autel de la Maison Rouge de Puycity, en écoutant « Who Killed Bambi » des Sex Pistols à fond les gros boutons.

  1. Les forcenés de la chose liront : de Shiva à Dionysos d’Alain Daniélou, indologue érudit.
  2. Avatar est un mot bien à nous les hindous, dévoyé de son sens sanskrit initial – un messager divin – pour je ne sais quelles raisons obscures. Maintenant, c’est une imagette ou un déboire. Étrange glissement de sens.
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Chers Administrés

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C’est dans l’air ; dans l’espace éthéré comme des ballons : c’est de saison. Il fait chaud, il fait bon ; le bébé s’élabore à toute époque, mais c’est par temps de canicule qu’à l’imitation des belles montgolfières il pousse tout d’un coup, tout petit haricot, tigelle vers le ciel, et radicule en terre vaillamment.

Plus tard, ils sera administré.

Car l’administration, c’est la vie. Sans elle, nous serions épars, errants et hagards et l’anarchie nous guetterait, avec son cortège lamentable de douleurs et de folie… alors qu’une fois administrés, nous nous sentons si bien ensemble.

Bien évidemment, les êtres se subdivisent en deux catégories : l’administré appelle très logiquement à la création de son administrateur. Pendant longtemps, les administrés ont trouvé que les dieux, finalement, étaient de parfait administrateurs : ils pouvaient projeter sur eux leurs rêves les plus fous et ça marchait très bien ainsi.

Maintenant, c’est devenu très compliqué : les dieux sont moribonds et l’administration a été déléguée à des personnes humaines. Oui, vous m’avez très bien compris : c’est fini, les rois de droit divin. Oubliez-les. Nous vivons désormais dans un monde moderne et résolument tourné vers le futur ; au fur et à mesure de la croissance des bébés, leur genre administratif se fait jour. Un peu comme pour les chatons, dont il est pratiquement impossible – pour cause de griffures – de connaître le sexe avant l’âge de trois mois environ. J’en porte encore les stigmates cuisants, pour avoir tenté cette terrible expérience pas plus tard qu’hier sur Pétunia et Cachalot. J’écris dans les bandelettes, là…

Et moi, de quel genre suis-je ? Administré, ou trateur ? Et vous ? Et vos petits haricots, futures mamans qui je le sais, fréquentent ce lieu si peu recommandé par les ligues de vertu, au lieu de tricoter de la layette ?

 

 

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Enculé Culte

Le bûcher de César - Photo de Hulk - avec son aimable autorisation - cliquer pour l'agrandir

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Tout est prétexte à rituel : nous y sommes sensibles, car les objets de notre adoration nous ressemblent tant. En déposant des fleurs à l’emplacement d’un bûcher funéraire d’imperator, nous nous rendons culte.

Jules César fut le plus modeste mégalomane de tous les temps connus ; c’est pour ces deux qualités que 2050 ans après sa mort, les gens vont toujours déposer des offrandes à l’emplacement de sa crémation, qui donna lieu alors à des scènes de démence orgiaques dans lesquelles tout ce qui pouvait brûler ou pas fut projeté sur le cadavre sanglant. Suétone, ce merveilleux petit rapporteur des bruits de chiottes de l’Empire, raconte ça très bien ici :

http://bcs.fltr.ucl.ac.be/SUET/CAES/84.htm

Tout le monde pouvait et peut encore se reconnaître en César, bien plus facilement que dans un Jésus quelconque et indigne du moindre intérêt ; la fascination que ce petit charpentier exerce encore m’a toujours étonné… quelle mièvrerie… Alors que le grand Jules, lui, est d’un tout autre calibre.

Il fut le plus parfait des faux-culs : trompant son monde à tour de bras, comme il le fit pour ses femmes, ses amantes et amants avec sa bite. Aucune hésitation : épée de chair ou braquemart d’acier, il encule et se fait enfiler dans un but unique : Rome et sa pomme, qui ne font qu’un. Or Rome, c’est nous, le monde occidental. Ne cherchez pas plus loin : les Gaulois, c’est de la blague ; nous ne sommes en aucun cas les descendants d’un peuple ingéré par la puissance commerciale romaine – bien avant la guerre des Gaules, qui ne fut qu’habile propagande. C’est un mythe rassurant repris par le Maréchal pour apaiser la France envahie, rien d’autre.

Nous sommes les descendants directs du peuple inventeur des HLM pourries avec de la racaille dedans – les insulæ – et pourvus de vide-ordures, abondamment salopés de graffiti obscènes et d’un type de gouvernement que nous pratiquons toujours : la démocratie impériale.

Mon unique nostalgie est que les jeux du Cirque bien saignants aient été remplacés par la fade débauche télévisuelle. Sinon, notre monde romain du vingt-et-unième siècle après César me convient bien : on y retrouve les mêmes enculeurs enculés, quoique plus minables que notre bon vieux Jules.

Sa recette : paraître très modeste et tempéré en public, mais en public seulement. Et puis tout faire pour plaire au populo. Très important, le populo : bien lui montrer sa superbe en érigeant de grands bâtiments mastocs et ravir ses vils instincts en humiliant les représentants de la république.

Toutes choses perpétuées de manière abâtardie par nos Mitterrand et sa Grande Arche merdique, sa Grande Bibliothèque hideuse ; Chirac et sa mocheté kitsch de musée des Arts Premiers et autres merdicités.

Sarkozy, lui, n’a pas encore coulé de gros pâtés de verre et de béton pour édifier la postérité : il se contente de cumuler les tares de César sans présenter la moindre de ses qualités ; et il insulte bien la république. Car on peut reprocher tout ce qu’on veut à Jules, sauf son manque de courage. Dans les batailles, il ne s’est jamais débiné comme un roquet tout aboyant.

 

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Billet, siouplaît !

© Philippe Dulauroy - Buenos Aires 2009 - Cliquer pour agrandir l'imageBilletteur à la demande ; j’en suis réduit à ça. On appuie sur le bouton et hop, je crache mes petits biffetons. Je déchois, mais ne dois point décevoir : les billets me filent sous le nez et ne m’appartiennent pas. Ils sont à vous et à la fin du mois je ne retiens que ceux nécessaires à ma subsistance et au remplissage du frigo des Danaïdes.

Comme les billets sont précieux, je les brasse en sous-sol, claquemuré derrière l’épaisse porte rouge barrée de l’intérieur. Là, dans la moiteur de l’atelier, je me sens comme dans une rame de métro lancée dans le noir après avoir haleté en courant pour choper la dernière correspondance : enfin seul. Plus un regard et sans un contrôleur à l’horizon.

Et je compte les mots : tant et tant qui forment le billet : cent trente-sept à l’instant même ; c’est pas encore assez. Faut faire bon poids, bon compte…

***

Je me souviens : Kiran venait de poser le pied sur le sol français pour la première fois. J’étais parisien alors ; et nous étions allés le chercher à l’aéroport avec sa sœur Tara. Il venait à Paris pour exposer ses peintures et nous étions descendus dans le métropolitain, histoire de faire prendre le pouls de la cité à notre bienveillant et jovial ami népalais.

Kiran, debout au fond de la voiture, affichait son beau sourire de Bouddha khmer, heureux, les yeux brillants. Joli manège que cette chenille de fer trimballant son monde bringuebalant aux épaules lassées…

– Oh Kiran, petit frérot…

Tara lui bourrait le flanc de petits coups de coudes.

– Oh Kiran : faut pas sourire ; ils ne font pas ça ici.

– Ah ?

– Sans déconner Kiran : tu as vu comment ils te regardent ?

Kiran avait alors lentement balayé la foule de son regard, pour le poser finalement sur celui de Tara, avec un air sérieux que je lui voyais pour la première fois. Une mine concernée.

– Tu as raison sœurette : ils ont de petites bombes dans les yeux.

 


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Machinations

Cliquez pour agrandir l'imageLe monde court à sa perte ; les attentats du 11 septembre 2001 n’ont été qu’un avertissement ; ils ont juré de détruire le monde ; ils se sont entendus en secret dans ce but ; des milliers de scientifiques sont d’accord : les tours jumelles ont été dynamitées de l’intérieur et nous n’allons pas vers un réchauffement climatique, mais une glaciation ; comme il n’existe aucun média libre, ils nous font croire ce qu’ils veulent ; étrangement, toutes les preuves ont été détruites dans un incendie ; nous ne voulons pas voir la vérité car nous sommes des lâches ; il faut boycotter Israël mais je ne suis pas antisémite ; l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord est notre pire ennemi ; les peuples occidentaux ne devraient pas permettre cette existence qui finira pas nous tuer tous ; on nous fait croire que le carbone crée un effet de serre, mais on ne nous dit pas que la vapeur d’eau produit l’effet inverse, or les centrales nucléaires crachent de la vapeur d’eau ; c’est une nécessité que de rechercher sans cesse la vérité que l’on nous cache ; Bush est comme Obama…

***

J’ai à peine arrangé la sauce, mais ce plat de résistance est un condensé des posts d’un complotiste que la plupart des lecteurs de l’Ici-Blog et de Rue89 connaissent bien, écrivant sous le nom de guerre de Parousnik.

En lisant attentivement une grande partie des 2889 messages qu’il a posté depuis deux ans, sa constance dans le dérapage fait plaisir à voir. Il part doucement en vrille, comme on dit de nos jours.

Avant hier, il en était rendu à ça :

« [...] La guerre en Afghanistan et en Irak est non seulement une guerres contre l’humanité, mais c’est aussi une guerre contre la démocratie…ce qui aboutira a l’extermination d’une grande partie de la population mondiale… qui a déjà commencé aux EU et ailleurs par l’élimination de vieux et handicapés qui n’ont pas les moyens financiers de se soigner… comme Hitler naguère l’avait ordonné… »

Notre ami Dul, dont nous connaissons tous la grande équanimité, s’est laissé aller à le traiter de con, hier… ce qui me fait dire qu’un bouleversement planétaire est en cours : d’étranges lueurs sillonnent déjà nos ciels nocturnes en silence et comme le pensent des centaines de milliers de savants : la vie extraterrestre n’est pas un mythe. Il serait vain de ne pas y croire.

Préparons-nous donc à ces événements ! Le conclave est ouvert !

 

Un grand merci à Vincent Montagu pour sa bobine sur la photo. Bises occipitales, mon Vinçounet !


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