Archives par mois : mai 2010

Un roquet au troquet

Après le temps des Roger Velu, voici venu celui des Roquets Villeux, triste légion glapissante par les temps qui courent.

Nous avons eu droit à un de ces aboyeurs confus ces derniers jours sur l’Ici-Blog, en la personne de batilalehuns alias Batila sur Rue89 1 et Évariste Cacabouilla dans la vie du dehors .

Or donc ce minus habens indigent de la comprenette qui m’avait roulé dans la merde dans un de ses posts récents sur ce journal populiste2 a déboulé Ici en jappant nerveusement.

Il en a pris pour son grade et nous avons copieusement rigolé en sa canine compagnie − lire les commentaires du billet précédent. Lui, ça ne l’a pas fait rire… mais pour le dérider il faut sans doute l’empaler sur un godemiché comaque ou le retourner sens dessus dessous afin d’apercevoir enfin un faible sourire poindre à ses commissures. Car ce fâcheux petit bonhomme nous cherche noise et menace d’aller au commissariat de son arrondissement pour y déposer une main courante.

Ayons donc toutes et tous, Joyeux Déconnologues Ici assemblés, une pensée pleine de compassion pour le planton de service un dimanche du joli mois de mai, qui verra débarquer cet ahuri à son guichet, lequel exigera de ce malheureux fonctionnaire sous-payé l’inscription d’une requête démente, à savoir que plusieurs d’entre nous ont insulté son pseudonyme, ont fait des jeux de mots débiles avec et l’avons raillé en bande déconnante.

Mon ami Titou qui est simple flic, me fait souvent bien marrer en me contant les histoires de plaignants gnangnans qui l’assaillent de toutes sortes de doléances plus farfelues les unes que les autres. Faut bien qu’ils s’amusent un peu, nos gardiens de la paix.

Nous aussi : on va pas se prendre le chou plus longtemps avec des roquets imbéciles : alignons-nous derrière le zinc : la patron du troquet offre la tournée générale.

[bruits de verres entrechoqués dans le lointain]

 

  1. Torchon merdique en ligne où je n’écris plus depuis un bail.
  2. Bas de gamme et totalement dénué d’intérêt pour mes épluchures
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Pleut mai

scooter dans Paris

crachin de mai horizontal

rouspète lundi

 

kondukator

grommelle mardi bancal

printemps pourri

 

roger velu transi

décroche sa mâchoire

et son fusil

 

houris en burqa

dans le sillage des grues cendrées

au zénith du rêve

 

***

Tout a commencé ailleurs :

http://eco.rue89.com/comment/permalink/1483467

Et continué Ici :

http://sd-16847.dedibox.fr/sites/blogacyp/wordpress/index.php/2010/05/02/un-roquet-au-troquet#comment-61971

Bonus :

Un haïkou sonore...

 

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Tristrion I, An III

Un an et demi que je l’avais pas ressortie, la poupée vaudou. Planquée derrière un paquet de câbles électriques sur l’étagère au dessus de la table de travail à l’atelier. Elle est moche, ses finitions sont mauvaises, le tissu minable et les épingles sont de la camelote chinoise.

Comme l’original : je veux plus voir sa gueule de camelot vulgasse. Ma poupée a l’avantage sur son modèle de pouvoir me rapporter des sous, parce qu’elle est devenue introuvable et que l’exemplaire en ma possession provient de l’édition originale. Sur les sites d’enchères les collectionneurs se jettent dessus comme des clébards en mai sur le premier trou odorant à portée de queue.

Comme ses électeurs : en rut éruptif il y a trois ans exactement, plus encore que les adorateurs de la hagarde Gogolène ; ce qui n’est pas peu dire car ses sectateurs sont de patentés bredins. C’est pour ça qu’il avait emporté le morceau : les dents plus en avant que l’autre dans la carcasse délicatement faisandée de la Marianne de service cette année-là.

Là, c’est la débandaison : à de rares exceptions près, l’électeur de Sarkolas tire la tronche ; pis : il conçoit une haine sourde envers son héros qui lui a si prestement plumé le croupion à vif pour mieux garnir l’édredon d’Onc’ Picsou et le traversin des Rapetou, ses amis de trente ans.

On récolte ce qu’on a semé, et c’est la haine qui suinte de cet homme : une haine perspirante, fumet de charognard. C’est donc la haine viscérale de pans entiers de la population qu’il reçoit en échange gracieux de la sienne. Haine et mépris, car tout est haïssable en cet homme si méprisant avec son prochain… prochain qu’il met un soin maniaque à conserver à distance de sa personne physique.

Un dangereux maniaque sujet à de fameux caprices.

 

Ce despote si bas, placé si haut par la foule en liesse me fait songer à un autre…

 

« La foule, la solitude lui plaisent tour à tour ; qu’on lui demandât quelque chose ou qu’on ne lui demandât rien, il se fâchait. C’est avec une très grande promptitude qu’il s’occupait de certaines affaires, et il en est d’autres qu’il assumait avec une très grande nonchalance.

L’argent, il le dépensait sans compter, mais il thésaurisait aussi de façon sordide. Ceux qui le flattaient, ceux qui lui parlaient librement, il les traitait pareillement avec irritation et joie. Il négligea de châtier beaucoup de grands criminels, et mit à mort beaucoup de grands innocents. Quant à ses compagnons, il en flattait certains sans mesure, pendant qu’il outrageait les autres à l’excès.

Si bien que personne ne savait quoi dire ni comment agir avec lui, et si certains connaissaient quelque succès, il était dû davantage au hasard qu’à leur jugement. »

Dion Cassius, Histoire romaine, 59,4 (texte intégral ici).


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Nouvel Inscrit



Cliquer dans l’image pour lancer la vidéo… (qui ne s’affiche que sur la page d’accueil).


Comme toute bonne sectouille qui se respecte, l’Église de Déconnologie Pilotique enjoint à ses zélateurs de croître et se multiplier afin de conquérir le monde, de convertir les païens et d’épiler les Roger Velu ; tâche sublime s’il en est, qui ouvrira les portes de la Sainte Calembredaine aux martyrs de la Cause.

Nous adressons donc nos plus vives félicitations à notre jeune disciple Pseudo, qui a mis bien du cœur à l’ouvrage et nous a offert un petit Corentin tout récemment. Dans son immense mansuétude, le Kondukator Kosmoplanétaire consent une réduction de 25% sur l’abonnement d’un an à l’Ici-Blog aux bienheureux parents.

 

Le clip vidéo a été tritouillé avec les doigts de fée de Marina, qui gagne un tour en scooter dans Paris la nuit en compagnie de Numebert VI, notre prophète bien-aimé.

 

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Paradoxale doxa

Une hirondelle ne fait pas le printemps, putain.

C’est à n’y rien comprendre : il en va de ce printemps comme de la physique quantique et de la doxa : on sait que ça existe mais ça s’arrête là.

Plein de mots comme ceux-ci que nous connaissons uniquement pour les avoir fréquentés dans le dictionnaire mais n’excitent aucun influx dans nos ciboulots las d’apprendre des absconseries.

Le printemps c’est pareil : la rumeur publique dit qu’il y fait doux. Ne pas se fier à la voix du peuple, pas plus qu’à celle de ses dirigeants qui en sont issus.

Seuls les dirigeants de droit divin sont attitrés. Seulement voilà : non content d’avoir des doutes sur l’existence d’un être supérieur supposé m’avoir créé1, je suis du genre à ne pas faire confiance aux marchands d’aspirateurs. Dieu frapperait à ma porte que je grommellerai à peine, pas plus en tout cas qu’avec un client pénible. Alors vous pensez bien comment je recevrais le président d’une république.

C’est pour ça que j’ai choisi l’arnarcho-situationnisme. Facile : personne ne sait exactement de quoi il en retourne ; comme ça : peinard. Depuis que je définis comme tel, on me fout la paix. Ça cloue le bec direct :

− Z’êtes quoi, vous ?

− Anarcho-situationniste.

− Ach. C’est de gauche ou de droite ?

− De l’extérieur.

Exit. On passe à autre chose de nettement plus intéressant : l’incroyable impossibilité de cerner le concept du printemps de cette année. Parce que la mémoire du dernier printemps s’est évaporée. Donc du coup on ne sais plus ce que c’est et il faut nous raccrocher à de faibles symboles : les hirondeaux se gèlent les noisettes en criant famine l’air hagard dans leur nid : c’est le printemps. Par exemple.

Répéter vingt fois cette formule le matin et vingt fois de suite tous les jours du mois de mai, selon la méthode de ce brave monsieur Émile et non seulement la vie sera plus belle, mais vous vous foutrez de tout ce qui passe à votre portée et vous serez ainsi mué en anarcho-situationniste.

Vos nombreux et pugnaces adversaires n’y résisteront pas : ils claqueront tout net, la gueule enfarinée et bavant comme limaçons en barrique.

Et le paradoxe dans tout ça ?

Justement : c’est de lui et bien d’autres choses que devisaient quelques bons amis sur le fil de discussion du billet précédent, Ici :

CLIQUEZ TRÈS FORT : PAGE LONGUE À CHARGER

***

Ce billet est dédié au bienheureux Émile Coué et à tous les joyeux déconnologues qui tiennent bon malgré la doxa imbécile − et ô combien incomprise.

 

 


  1. Sur mes parents déjà j’émets de sérieuses réserves.
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Tout un plat

On fait tout un plat de tout ; l’époque veut ça. La polémique bat son plein à grande échelle et s’étale à la une des journaux les plus sérieux. Des morceaux de matières plastiques provoquent des émois planétaires et la façon dont tel ou telle se revêt le corps fait pousser des haut cris comme au temps des croisades.

Je suis sûr que le sang a coulé à propos du dernier combiné téléphonique de poche en vogue ; on s’étripe bien pour des femmes ensachées et des plumes ou autres accessoires ostensiblement plantés dans des parties charnues.

Ça passe son temps à se friter la gueule sur des broutilles, le populo. S’entend : il ne faut plus dire ce mot qui fait tache, mais le peuple, la Nation ; et il est d’usage en ce pays de  compléter ces expressions par française ou français parce que ça la fout bien et ça en colle plein les mirettes de l’Ennemi. Qui est partout et n’attend que la perte de notre proverbiale vigilance pour frapper un grand coup. Au cœur de notre force de dissuasion. Boum. Sirènes des pompiers.

Comme l’Ennemi ne vient pas ou si peu, le peuple français monte le guet et se relaie par quart et finit par virer bredin comme le lieutenant Drogo dans Le Désert des Tartares de Dino Buzzati.

Devenu fou comme un lapin, le peuple français gauchement engoncé dans sa Nation s’entredéchire pour des futilités : le pape par exemple. Aucun intérêt, le pape, si ce n’est qu’il est un excellent combustible pour conversations enflammées. Pareil pour les imams farouches : qu’est-ce que j’en ai à foutre, de ces insignifiants agités ?

Polémique, polémique… qui dit agités dit agitateurs. De peuples. « On régit un grand état comme on fait cuire un petit poisson ». Lao Tseu voyait juste, mais pas nos grands bergers. Bush II avait trop remué la poêle, Adolf tout cramé le poiscaille au chalumeau et des petits Berlus et autres Sarkolas de pacotille s’efforcent à merder lamentablement leur tambouille et ne parviennent qu’à l’insipide surimi au bout du compte.

Le surimi : je suis sûr que le sang a coulé à propos du surimi. Des tas de gens n’ont pas dormi la nuit à cause de la guerre du surimi.

Autant que chez les aficionados et les anti-corrida, les pro et les anti-burgers…

La guerre du surimi n’a pas encore eu lieu ? Qu’à cela ne tienne : lançons-là !

 

[buccins, sang et poussière de cohortes en marche dans le lointain]

 

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L’œuf de côlon


Nothing ever burns down by itself
Every fire needs a little bit of help…

Give the anarchist his cigarette


Rien ne s’embrase spontanément
Le moindre feu a besoin d’un coup de pouce

Donne sa cigarette à l’anarchiste


CHUMBAWAMBA - Give the Anarchist a Cigarette - 1994
Cliquer pour écouter.

Un rien suffit à nous enflammer, nous autres renégats ; mais c’est chacun son style : je me contente de tirer sur ma clope alors que d’aucuns allument le cordeau Bickford avec.

Mais là ce n’est pas rien et encore moins un rien : ça fume et fulmine de partout et faute d’insurrection qui vient, je sens bien le point d’ignition quasi atteint.

Pas un poil de vent : c’est un monde sec comme un coup de trique et moite à suinter tout son gras comme viande lardée au grill.

Ça se lâche en vrac ; tout est aussi gros patapouf que dans la tête d’un bourgeois soyeusement velu. Ceux d’en-haut moulinent le vent et la braise s’attise mochement : il se meugle massivement des mots et des idées abominables ; de celles qui ont conduit plus d’une fois aux malheurs de la guerre depuis l’aube chancelante du Bipède. Ceux d’en-bas se sont entassés au sommet. La lie trop agitée a gâté le bon vin.

***

Putain de juif pédé bougnoule romano de merde  : ça se passe à la maison de l’Horreur© en plein centre de Puycity − rive nord.

L’ami Soif1 passe en coup de vent en fin de matinée avec son grand sourire enfariné et pas rasé, clope au bec. La veille je l’avais reçu fraîchement et vertement morigéné pour m’avoir fait poireauter l’après-midi entière alors que je m’était cassé le cul à lui accorder son gros ordi tout neuf comme un piano de concert jusqu’à cinq heures du mat’.

Mais mes ronflons ne durent jamais bien longtemps et ma fulminance n’égalera jamais celle, proverbiale, de not’ Marina et l’animal le sait bien. J’adore papoter avec Soif : il me raconte ses histoires de petits lots sur lesquels il flashe − de beaux garçons j’en conviens car notre homme a très bon goût − et s’énamoure comme un midinet… sauf qu’ils sont tous hétéromachinchoses comme le pape de Rome et ma pomme. Entre autres, mais on ne cause pas que de ça, bien sûr.

Et puis deux heures plus tard, qui que je vois qui s’encadre à contrejour dans le chambranle de la porte de l’atelier ? Mon raton préféré, mon ami de trente ans et plus : mon vieux khoya Samir ! Olé ! et en plus il fait beau, alors… je boucle l’atelier : les clients n’auront qu’à secouer la cloche à la porte d’entrée : direction la cambuse.

Et là, le temps de siroter quelques cafés et de se refaire le plein d’amitié, la cloche sonne par deux fois : D’James tout d’abord, qui m’amène un plein pochon de pièces pour ordinateurs récupérées à la benne. Un gitan qui récupère pas des choses n’est pas un vrai gitan, pas vrai ? même qu’ils les chouravent, hein. D’James, lui, il récupère, point à la ligne. Et certains après-midis nous bidouillons ensemble les machines − comme il est mécano dans le civil et fort dégourdi, il assimile les bases de l’informatique de quartier à toute berzingue − et il lui arrive de me jouer du jazz manouche à la guitare : le luxe.

Et pof et re-ding-ding : c’est un client. Sculpteur ; faut lui changer les touches du clavier de son portable. Un client bien ; comme je dis souvent : j’ai de la veine avec ma clientèle. Rien que par le bouche-à-oreille ça marche. Comme l’Ici-Blog et tout le reste. Pas de pub. Et toc. Ça évite le tout-venant et donc une bonne partie des emmerdeurs, qui n’ont qu’à aller se faire plumer ailleurs.

Sculpteur et juif ; ah ouais : il a vraiment la gueule qui va avec, le client coulosse avec qui je peux passer des heures à causer de tout autre chose que de ces cons d’ordinos en panne. Woody Allen demi-tondu.

Voilà c’est ça pour moi, allumer le feu : les volutes dans les rais du soleil, une table en bois d’arbre, les amis pédés juifs arabes gitans autour et le gros cendrier marocain au milieu. Et les petits rires qui frétillent.

Alors vous pensez bien que les hurleurs nationalistes peuvent s’époumoner à s’en arracher le gargagna : je n’en ai rien à foutre et je les emmerde grave, ces sous-blattes.

 

[cliquètements de briquet jetable dans le lointain, doux ronron de ventilateurs]


Une page Wikipédia sur Chumbawamba

Rajouti : pour consoler Malatrie du vil lamorille et de sa chouinance et de sa frime informatique au commentaire 65220, un peu de musique consolante :

MONTY PYTHON - Every Sperm is Sacred
Cliquer pour écouter.

 

  1. François Deloncle, qui contribue à l’illustration de l’Ici-Blog avec ses photographies de caillasses arrangées.
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Décagoulé ! (par ginkoland)

J’ai toujours eu beaucoup d’estime pour le sous-commandant Marcos pour des raisons diverses et variées et bien au-delà d’un certain romantisme révolutionnaire.

Je pense qu’il n’y a jamais eu un autre homme qui a su comme lui toucher du doigt avec autant de vérité, d’exactitude, toute l’absurdité et la violence inouïe de notre monde devenu résolument moderne, globalisé et sans âme.

L’âme justement.

S’il y a bien une chose qui marque dans son œuvre c’est bien l’absence d’une idéologie qui prendrait le pas sur l’humain. Dans son combat au sein de L’EZLN même si la reconnaissance d’un peuple a été le point d’orgue qui a marqué les années de lutte armée, ça a toujours été autour de l’homme, de sa légitime identité et de sa place dans le monde.

Plus qu’une doctrine Marcos nous a offert des outils, des outils pour l’émancipation et bien plus de questions que de réponses. Reste à chacun de s’en emparer, de le développer à sa façon et de passer le relais.

Au fond s’il en est un qui est de plain-pied dans monde moderne réel, c’est bien lui.

Et qui est « lui » ?

Ben personne, tout le monde, on ne sait pas justement et c’est bien le but. Marcos c’est moi, c’est toi.

Nous sommes tous des Marcos en puissance.

Marcos déconnologue ?

Ah ça c’est une opinion personnelle mais dans toutes ses contributions, la vie et l’humour sont toujours présents et avec une subtilité que j’admire.

Des exemples avec les références à Don Quichotte pour son livre « Don Durito de la forêt Lacandone ».

***

Extrait :

« Surnommé le « Sup », l’écuyer et le scribe de Don Durito de la Lacandone a, selon la description du chevalier errant, un grand nez. Parmi d’autres adjectifs dont la mention est inutile, il est pâle et émacié. Il dit s’appeler Marcos Montes de la Selva, être né au matin d’un jour d’août 1984 et être le fils de Don Antonio et de Dona Juana.

Durito est un scarabée, qui est né en décembre 1985 dans la forêt Lacandone située au Sud-Est d’un pays appelé le Mexique. Nul ne le connaît sous son nom de famille « Nabuchodonosor », par crainte de la PGR1 Durito est son nom de guérillero et de chevalier errant, ce qui revient au même sous ces latitudes.

Ennemi acharné du néolibéralisme. « Tour à tour détective, analyste politique, chevalier errant et épistolier… »

Auteur de Contes pour une nuit d’asphyxie et de Contes pour une solitude insomniaque, écrits pour soulager son cœur oppressé par l’inconnu.

Ou alors un « Un pingouin dans la forêt Lacandone ».

Initialement c’est ce texte que je voulais présenter et je me suis un peu dispersé… alors du coup le voilà : il suffit de cliquer sur la page 2, un peu plus bas…

 

ginkoland


  1. Parquet général de la République (PGR), l’équivalent au Mexique du ministère de la Justice.
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Ce soir ondine chez माया

Boules et boulets rouges pour tous : c’est grand anniversaire. Bouddha a 2553 ans et Liger 47, déjà. Bravo à eux : longue vie, bonheur, prospérité, plein de pépètes et de pesetes et que leur santé pète de joie jusqu’à perpète !

Encore que Bouddha s’en bat l’œil et la paupière de toutes ces choses, qui ne sont que mâyâ : illusion, pâle reflet d’ersatz de semblant de réalité.1

Par exemple : l’Asie méridionale et du sud-est attend la mousson en tirant la langue sous le cagnard implacable et dans l’atroce poussière du Nuage Brun, et les météorologues sont aussi écoutés et révérés que les aruspices romains.

Il va pleuvoir des cordes à tel point qu’on pourra les tresser, et ces cordes dressées comme les vertes tiges du riz nous empliront la panse du suc de la vie.

Qu’on dit.

Nous escaladerons les degrés du vaste ciel en nous hissant à mains nues sur ce filin doré. Propulsés de la glèbe desséchée au sommet de l’échelle sociale. Nous gagnerons des milles et des cents. Nous dînerons aux chandelles en tête à tête avec la grande déesse. Toutes les étoiles du show-business seront présentes au banquet…

Mâyâ tout ça. Rien de réel : la terre est basse et il faut la sarcler encore et encore pour pouvoir becqueter sans jamais atteindre la satiété : c’est donc ça, la réalité… Mais non : le mal au dos, les articulations qui craquent, tout ça c’est du bidon. Le bidonville aussi est bidon, tout comme les stages de l’Agence du Travail Obligatoire.

Il n’y a pas d’eau et on espère, pas plus qu’il n’y a de travail pour tous alors on fait semblant : la paysan indien suce un caillou pour tromper sa soif et le serf occidental sous contrat précaire fait le beau dans les antichambres de la morne mouise.

Mâya tout ça : माया je vous dis.

Une seule solution à cet imbroglio : faire comme si de rien n’était.

Essayez :

faire
comme
si
de
rien
n’était.

Fastoche !

 

  1. N’étant ni bouddhiste ni bouddhologue, pardonnez mon imprécision.
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Sacré Cul

La première chose qui frappe le voyageur : ils exhibent un homme sanguinolent à demi-nu sur des poteaux à leurs carrefours, sans vergogne.

Chez eux ça ne choque personne ; tout le monde ou quasi comme pense que c’est normal ; c’est admis. Mais pas les films de boules à la télévision à cause des petits enfants. Les meurtres en série aux heures de grande écoute oui, par contre : l’apologie de la violence criminelle est constitutionnelle de leur fruste culture aborigène.

Ils sont très fiers de leurs racines tordues, les louangeurs du prophète cloué en slip .

Des résidus de l’empire romain ils ont raclé le pire : la violence d’état ; le culte du sang versé pour étancher la sordide  pépie populacière. Et ils y ont rajouté la contrainte des sexes. Pas idiot : tu serres le kiki des gens et ils banderont et mouilleront pour toi, et empliront ton escarcelle. C’est ainsi qu’ils tiennent leurs fidèles : par les organes.

Ce sexe de leur prophète cadavérique, dont on devine aisément la forme sous le linge ; et puis ces pâmoisons orgastiques de leurs saintes martyres embrochées par des taureaux démontés : cela seulement émeut et meut leur nature et suscite leur rut.1

Tant qu’à faire ils auraient eu mieux fait de rester carrément romains, je trouve. On n’aurait pas sous nos yeux innocents ces icônes pornographiques de tous ces martyrs et ces pénitents exhibés dans la sanie des siècles. Ces célicoles bandulatoires et ces pucelles ahanantes.

Leur bon dieu est malin, leur dieu est le malin ; tantôt nunuchon loukoum suave et de gros tantinets maquereau libidineux, patron de bar à putes exotiques amoral et cruel ; pas facile de s’y retrouver dans cet embrouillamini de contredites.

Enfin : le voyageur doit s’attendre à croiser d’étranges us occasionnant au populations locales d’affligeantes tribulations. Sinon il reste chez lui et n’est pas un voyageur. Le voyageur peut même s’essayer aux mœurs brutales de ces rustauds christophiles, histoire de ne pas mourir idiot.

Mais la fréquentation des créatures de sacristies, ça va bien un temps : le boudin à tous les repas et par tous les orifices, non merci.

***

[décollage de soucoupe volante en direction d'Alpha Centauri dans le lointain ; fumôt de soupe aux choux]

  1. Voix off de Frédéric Mitterrand.
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