Archives par mois : juin 2010

Surnuméraire Circus

C’est beau et c’est pas cher. Pas trop : juste ce qu’il faut pour mériter d’entrer sous le grand chapiteau. Une fois dedans on s’aperçoit bien de sa petitesse, tassés bassin contre bassin sur ses méchants gradins. C’est le cirque.

Tout se paye au prix de sa sueur ou de celle des autres : rien entre les deux. Le travail d’abord, seulement ensuite vient le plaisir. Tant et tant d’efforts pour si peu de joie. Mais au bout du compte on palpe les bank-notes et en leur rectangulaire compagnie on ira s’en payer une bonne tranche, histoire d’oublier comment on en a chié.

Et ça remet ça sur le gaz, encore et encore.

***

Septembre 1989

 

Je donne deux roupies au nain clown et je vais voir les acrobates sans filet, figures enfarinées de fillettes en justaucorps flapis pantinant mécanique sous la toile bise frappée du grand soleil dehors. Étouffé par une lumière grillante sous la toile de tente : plus carcan qu’une prison.

C’est l’endroit le plus triste du monde. Un tout petit cirque indien de misère à la foire de Kulu dans la vallée de la Beas.

Prolongation de visa à la préfecture, je suis là pour ça : prévoir trois journées ouvrables, en Inde. Tout dépend de la préfecture, mais là c’était mort de chez mort comme patelin. Alors aller bader à la foire les bras ballants : y a plus que ça à faire. Une putain de foire minable avec un cirque planté sous le cagnard − Rozilla Circus, ça me revient − usé jusqu’à la corde et tout rapetassé.

 

***

Quand la vie est trop dure, fermer les yeux et visualiser la liasse de billets, fruit de notre torture de singes mal tournés : remède souverain, promesse de spectacles chamarrés et de civilisation des loisirs.

Pendant ce temps les orang-outans s’envoient en l’air tant qu’il est encore temps ; tant que leur océan de forêt n’aura pas été dévoré par la planche à billets.


Billet dédié à not’ Dul pour son anniversaire.

 

Publié dans Billet Express, Binosophie, Himal, Inde | Mots-clefs : , , , , , , , , | 575 commentaires

Cyp Unplugged

Allez hop : je débranche tout pour brasser du mot comme ça vient.

[scansion de chants sioux en fond sonore]

Les temps changent mais ça ne se sait pas ni ne se voit, ni ne se constate :  la peau épaisse et les roides oripeaux forment coriace carapace. Et pourtant : sous le caparaçon clinquant il n’est que misérable haridelle.

Plus rien n’est déjà comme avant ; cet avant que tant et tant persistent à croire toujours vivant.

En fait il n’y a plus que vers qui grouillent et des gens qui se dégrouillent en agitant leurs membres sur un corps en état de mort avancée.

J’aime quand ça craque aux entournures : ce son de grand vaisseau changeant de cap ; ces claquements secs de tôle et ces grincements de vieux bois : nouveau monde en vue.

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Je trie les pièces à l’atelier : barrettes de mémoire vive, cartes-mères, processeurs, disques durs. Petit brin de ménage : fin prêt pour l’accueil des clients ; porte grande ouverte sur la rue ; allumage du bâtonnet d’encens rituel ; la grosse machine ronfle déjà de tous ses ventilateurs. Une gorgée de café puis une clope. Calme comme un lundi, comme on dit.

***

Et pourtant ça s’agite, je vous dit : dans mon ciboulot comme partout ailleurs dans le monde. Un hémisphère cérébral occupé à établir un devis pour l’apiculteur du coin dont la machine a été foudroyée par le dernier orage, et l’autre à gamberger sur le sujet de ce billet : le quatre-vingt dix-neuvième depuis le 14 août de l’an dernier, date du début de mon retrait progressif des grands forums de l’internet.

Rompant amarre après amarre, je fais voguer l’Ici-Blog sur une mer d’électrons libres, loin des réseaux sociaux et de tout le tintamarre à paillettes qui me blesse désormais les yeux, rivés sur le grand large à l’horizon fuyant. Où va l’esquif ? pas la moindre idée, mais il y va gaillardement sans se poser de questions.

Je sais ce qu’il quitte par contre : le monde des faux ; faux-culs et faux semblants ; l’eau tiédasse et croupie du petit marigot et les tristes pions dansants du vilain bal masqué.

***

Dans un monde suffocant tout bien droit et à l’endroit, je fais tout à l’envers et dans la démesure, rebroussant le poil quand tous les autres le caressent dans le bon sens et la mesure. Être insensé dans une société sensée et chiante comme la mort, c’est ça le truc ; ça marche à tous les coups.

Quand je vois que quelque chose déconne grave de chez grave, je fais son contraire ; un peu à la manière des Heyokas chez les Lakota1 : ces chiens fous à la fois clowns et chamanes qui font tout à l’opposé.

E la nave va…

 

[bris de banquise]

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Bonii :

Pour m’dame kk et tous ceux qui aiment la grande Nina :

NINA HAGEN - TV Glotzer (White Punks on Dope)

Cliquer pour écouter.

Et pour Homère :

THE TALKING HEADS - Road to Nowhere

Cliquer pour écouter.

  1. Les Sioux ; c’est leur nom véritable.
Publié dans Billet Express, Binosophie, Tout Venant | Mots-clefs : , , , , , , , , , | 531 commentaires

100 Déc’

« Bidonnant & Dramatique »

Longtemps, ce fut la devise de l’Ici-Blog qui ne s’appelait pas l’Ici-Blog, mais le Blogacyp. Et puis j’ai viré la devise, comme j’ai viré le mot « écrivain » de devant mon nom, sous l’enseigne.

Longtemps aussi j’ai écrit sur des grands forums : d’abord sur Minitel1, puis sur les antiques newsgroups de Usenet2 et enfin sur Internet il y a neuf ans avec le Sitacyp. C’était pas terrible, le premier internet. Là c’est un peu mieux : on peut commenter les conneries du Kondukator de service directement, juste en dessous du billet.

Un billet + des commentaires = un blog. Simple.

Je m’y suis mis en 2006. Au début c’était mon petit camp de base et j’allais me dégourdir les papattes sur les grands forums3  par périodes − toujours intensément. Mais toujours fermement basé Ici, où j’adore mitonner mes petites priapées tragicomiques.

Et puis j’en ai eu marre des grands boulevards alors depuis 100 billets et 301 jours je suis Ici et pas ailleurs4 …et l’ailleurs a déboulé Ici en masse compacte et bien que je me sois dit que ça n’était qu’un feu de paille, je m’étais planté : ça ne débande pas.

Évidemment il faut alimenter la machine : au bout de quelques centaines de commentaires, ça rame comme on dit. La page a du mal à se charger… on patine dans le miel au ralenti… mais malgré cette lenteur, ça continue à papoter comme si de rien n’était. De tout on cause, jamais de rien.

Rien n’est plus chiant que le rien. L’insignifiant ; le rien d’un débat télévisé avec un ancien ministre fossilisé et un philosophe sans le moindre comédon pour accrocher nos regards vides. Autant commenter la météo, comme nous le suggérait not’ Prophète Numebert VI5 : c’est mieux que rien.

J’ai aimé les grands forums parce qu’on y rigolait considérablement ; mais ça s’est réduit en peau de chagrin, aux commissures.

Dans pas longtemps en France, il n’y aura plus que des blogueurs gentiment alignés et triés sur le volet ; il faudra une carte d’accréditation ou quelque chose dans le genre.

Il faut pas déconner. Fini la rigolade.

À mon commandement : commentez !

Repos.

Tu salues tes popains sur le forum après ta journée de boulot : pénalité ! hors-sujet ! deux points en moins. Circulez.

T’envoies bouler l’aut’ folle qui te colle au train avec sa parano et croit dur comme fer que la mafia et les trotskistes veulent l’assassiner ? Signalé ! À dégager !

Tu dis sans penser à mal des gros mots genre bougnoule, négro, enculé, tarlouze et que sais-je encore qui donne du goût à la langue et tu pratiques le second degré : éliminé ! en Sibérie direct !

***

Alors voilà : Ici c’est le fameux Café du Commerce de l’internet.

Ce lieu mythique que les blogueurs sérieux raillent le nez pincé, domaine obscur des abominables digresseurs et des Intouchables déconnologues6 ; le troquet dont on pointe du doigt les clients au comptoir en se moquant d’eux en douce, quand il ont le dos tourné. Gros cons de droite et petits cons de gauche le coude sur le zinc, à siroter en chœur. Tu parles d’un spectacle.

Le truc rigolo planté dans le mur gris : c’est Ici.

Ici on peut. Alors j’Ici, j’y reste.

E la nave va…


  1. Dès 1978, une amie strasbourgeoise ayant possédé un des 150 premiers terminaux.
  2. L’ancêtre d’Internet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Usenet
  3. Principalement le défunt blog de campagne de DSK , puis sur Rue89 (de merde).
  4. Ou si peu que ça compte pas ;-)
  5. l’Homme au Camille d’Or.
  6. Qui sont souvent les mêmes.
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La Ligue d’Écus

On nous trimballait au Conseil de l’Europe en excursion scolaire, quand j’étais petitou.

Un petit bâtiment tout gris à Strasbourg. Dans le hall une dame très chic et sérieuse nous passait l’Hymne à la Joie sur un tourne-disque sophistiqué. Ça me collait la chair de poule. Un frisson sacré nous parcourait tout le temps que durait la visite de ce sanctuaire de l’espoir. C’était il y a quarante ans et plus et ça ne parlait encore que de la guerre contre Hitler, dans l’Alsace où j’étais né douze ans après.

Les gens appelaient les Allemands, des boches. Chez mon tonton Bouby et son intarissable Elvire, le rugissement des Mirages III et des Fouga Magister interrompait régulièrement les conversations pendant les raouts familiaux du dimanche : ils vivaient au bout des pistes de la base aérienne d’Entzheim. Les bangs supersoniques faisaient vibrer la vallée de la Bruche des dizaines de fois par jour. Les Soviets n’étaient pas loin et les force d’occupation ricaines venaient tout juste de se faire jeter de France par le Général.

C’était chaud les marrons, un peu.

Alors il y avait l’Europe qui nous faisait rêver : on voyait bien que les jeunes Allemands en voyage scolaire à Strasbourg n’avaient pas du tout de bobines de nazis. Ils avaient l’air un peu niais, mais pas plus que nous autres. Ils n’allaient pas nous déclarer la guerre une fois de plus, sûr et certain.

On se disait que l’Europe, c’était la Voie.

Ma cousine et marraine Jocelyne travaillait au Conseil de l’Europe. Interprète. Italien-Français. Ça en jetait au moins autant que d’avoir une hôtesse de l’air à table, quand elle venait manger à la maison. La frime dans le quartier. Une dame chez les gueux.

Elle aussi y croyait à mort, à son Europe : elle m’offrait des opuscules super chics écrits dans pleins de langues.

Tout le monde y croyait à mort. Hôtesse de l’air et Europe, c’était le top, la crème fleurette, le fin du fin…

Mais voilà : hôtesse de l’air en 2010, c’est tout à fait comparable à Europe en 2010 : c’est devenu pas terrible… un boulot de larbin d’un côté et une crypto-fédération de pays, grisâtre et disparate de l’autre.

Il n’y a plus de Soviets ni de boches, ni de Ricains depuis longtemps.

Juste des bureaucrates pointilleux de type soviet comptant et pompant germaniquement le fric des européens à la manière américaine pour financer une ligue marchande crapuleuse.

Alors maintenant je rêve de mieux.

 

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Trolls de Drames

C’est le jour des trolls pas drôles…

Ils sont de sortie : Brogilo − not’ Groglavio© à nous a fait son petit coming out dans la Rue89 (de merde, ça bas de soie) en y affichant publiquement ses coordonnées : nom et prénom, adresse postale et IP, et même son numéro de téléphone ainsi qu’une photo de sa tronche avec son fiston1

Tilou, not’ Chat de Garde, l’avait légèrement titillé auparavant. Héhé… sacré Tilou…

Brogilo est un troll de l’internet ; un troll méchant. Quand il rit c’est jaune. Et puis il est pompeux, et surtout il dit du mal. Bien du mal. Plein de mal des autres, tout le temps.

J’en avais déjà parlé Ici : CLIQUEZ VELU POUR LIRE LE BILLET « LA MERDUSE »

De moi, il a dit énormément de mal pendant plus d’un an, et de pas mal d’autres aussi. Et là il se dépoile en me faisant poiler. Quel clown, ce Brogilo.

D’autres trolls et trollesses vicieux disent du mal partout sur le grand Réseau, tout le temps qu’ils passent devant leur écran. Tout le temps. Imaginez-vous un peu ça…

Ils vont loin, loin : à tombeaux ouverts.

Les trolls vils2 et les goules avides de suintements d’égouts octetiques sont des poupons mécanoplastiques agités et sanguinolents : ils ont en outre le don de vous foutre les boules. Bien que d’horizons politiques très éloignés, les trolls nocifs s’entendent comme larrons en foire dès lors qu’il s’agit de détruire le Joyeux, insoutenable objet.

Ainsi d’épouvantables quasi-nazis s’acoquinent à des gauchos purs et durs, voire à des militants des droits de l’Homme encartés chez Amnesty International (véridique) et à deux mégères dégénérées et radicalement paranoïaques, le temps d’un lynchage : Pipirella© et Jexomil© en sont deux merveilleux exemples… au point que je leur ai consacré un mini-blog rien que pour elles : deux ans qu’on se les farcit, ces vulvasses démentiellement haineuses : des êtres dangereux, réellement. Mais qui nous font bien rigoler aussi tellement elles débitent de conneries au kilomètre parcouru… et elles en ont des centaines de milles à leur compteur tout détraqué.

Finalement, c’est le Rire qui l’emporte. Inéluctable et tout cuit d’avance.

Un rien nous amuse déjà, alors vous pensez bien qu’un Brogilo la bite à l’air, ça nous dilate la rate.

Le phénomène a pris une telle ampleur que j’inaugure Ici une nouvelle rubrique : LA TROLLOGIE©

Le terme existait depuis 2006, mais il était grand temps de l’officialiser.

Non mais© !

 

Ce billet est dédié à Stéphane − ami de ginkoland − et aux siens. Il était zappaphile et vient de casser sa pipe…

FRANCK ZAPPA - Directly from my Heart to You - 1969

  1. Ce bout de fil de discussion ayant été charclé par la machette rouillé de la milice vicinale de Rue89 (Canard en ligne parisien ragougnasseux), vous pourrez le lire en cliquant Ici.
  2. Car il est des trolls agralants et très  gentils.
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Au Grand Guignol

Capture d'écran du film Zatoichi de Kitano - 2003 - Cliquer pour agrandir. Un peu d’air frais enfin ! On est à l’estive et les rus à l’étiage. Sacrée canicule.

Le gouvernement, dans son immense sagesse, a ordonné l’exécution des vieux débiles dans les maisons de retraite. Nos petites infirmières se sont mises à la tâche avec ardeur : il ne sera pas dit qu’on a laissé claquer nos aïeux de déshydratation, ce coup-ci. Une fois, pas deux.

Le Trou de la Sécu leur dit merci.

On vit dans un pays formidable. Eau et gaz à tous les étages : fini tout ça. C’est d’un ringard.

Du passé table rase a été faite. Sauf que c’est pas les cocos rouges qui l’ont débarrassée, mais les partisans de la tsarine. Voyez-vous ça : le monde entier nous envie notre régime unique. De quoi qu’on se plaint ? Simple : on ne se plaint pas.

Heureux comme Dieu en France : buriné profond au fronton de nos bâtiments officiels, partout. Alors forcément c’est vrai : à force de voir des devises si belles, elles se gravent au tréfonds de notre citoyenneté… tout aussi innée que le gêne du crime détecté dès trois ans par un décret dont la bienveillance ne cessera jamais de me combler de ravissement.

S’ils le disent, c’est que c’est vrai. Nous vivons au mitan d’un élysée, même que le gouvernement a décidé d’abolir les paradis fiscaux. Les niches fiscales aussi. Comme ça, d’un coup de sceptre magique.

Sarkolas est même parvenu à faire rigoler les Allemands, des gens réputés si sérieux en temps ordinaire.

Fini l’ordinaire !

Hé : j’ai rallumé le chauffage à l’atelier ce soir, juste pour emmerder l’été et sa triste banalité : un peu d’amusement ne peut pas nuire à l’humeur générale, qui est au beau fixe. Trente degrés il fait en France : quinze le matin et quinze le soir.  Plus fortiche que les islandais nous sommes.

Bon : les Islandais nous ont grattés pour la Crise, c’est vrai.

Mais nous les aplatirons en finale du Mondial, ces bouffeurs de poiscailles !

E la nave va…

 

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Un mec bien.

Ça arrive. Il n’y a pas que les tordus dans la vie : y a les gens bien. Lui, là, sur la photo : le Barbu. Alain. Photographe à Puycity (rive nord).

Un ami en or. Parfois j’en parle Ici ou ailleurs1… et pof, je tombe sur sa bobine réjouie en cherchant une illustration pour le billet de Liger, prévu pour publication ce soir, alors changement de programme.2

Le mec qui ne te laissera jamais dans la merde, déjà. Et puis un artiste avec l’art de vivre fourni avec : cool, bouboule : on n’a qu’une seule vie et on va pas se la gâcher.

Il n’est pas fainéant ceci dit : toujours à sautiller avec des mimiques de sapajou derrière son appareil, à choper l’instant exact du déclic.

Vingt ans de mariages,  dis-donc : c’est ce qu’on a vécu, Barbu et moi. Les samedis d’été je lui gardais sa boutique quand il partait photographier les nouveaux mariés dans le canton et au delà. Pour la période des photos scolaires aussi, j’étais au comptoir à papoter avec les clients et tirer des identités.

Quand il était au labo, j’étais là pour servir. Là, ça fait bien plus de trois ans que je n’y vais plus, à sa boutique. On se tire pas du tout la gueule mais dépanner les ordinos me bouffe une bonne part de mon temps maintenant, alors il s’est arrangé autrement. Avant moi, c’était le vieux Paul − son prédécesseur de 1942 à 85 − qui lui filait le coup de main gratis, et puis un jour Paul n’ayant plus pu… je suis passé derrière le comptoir. Avant j’étais client.

Chez le Barbu c’est différent : tu y vas pour tes agrandissement et tu ressors deux heures plus tard pour aller boire un demi en face en sa compagnie, assez souvent.

Et puis il porte à gauche le Barbu, depuis le temps des réfugiés du Chili de Pinochet3 , chez lui ça n’est pas un vain mot : le cœur et le paquet sénestres et bien ancrés à leurs emplacements respectifs. Tout le contraire d’un salaud : voilà Alain. Pas une demi-portion ni un pied-tendre : un homme entier, entièrement honnête. Pas froid aux yeux non plus. Quand il faut y aller il faut y aller et il y va. Toujours pour la bonne cause.

Quand on était dans la panade : il était là. Sans hésiter une seule seconde.

Et puis des photographies elles sont extras. Je vous en montrerai avec sa permission, un de ces quatre.

En dire du mal ? évoquer ses petits travers qu’il a nécessairement comme tout un chacun ? Faudrait être méchamment con et gravement tordu pour voir du vice dans  not’ Barbu. Faudrait le rechercher en soi, le mal, dans ce cas.

 

Ce billet super-express est dédié à la petite famille du Barbu (coucou Yvonne, Émile et Camille et bien mes amitiés à vot’ voisin Vinçounet vous transmettrez, depuis votre exotique rive sud)…


  1. Dans les sinistres catacombes biomormons de Rue89 (un journul sur octet glacé).
  2. Pas de bol, Liger : j’étais en train de trier des photos de poules à cou calé et celle  du Barbu se trouvait au beau milieu du dossier, alors désolé une fois de plus : cas de force majeure ; ce n’est que partie re-re-remise ;-)
  3. Qui seraient foutus menottés dans un avion et renvoyés dans leur dictature en nos sombres années du règne de Tristion-le-Gniaf©
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Le trésor gélinais (par Liger)


Les choses ont bien changé, sur le Mont Gélin. Et l’ambiance aussi : jamais la tension n’a été aussi forte. Seul Savachié, le livreur de fleurs et d’épines, arbore sa jubilation.

L’histoire du Mont Gélin est bien riche, en voici la chronique.

Les temps anciens

La terre est dure, mais l’eau est abondante. Les poules, principale ressource des Gélinais, pondent et se reproduisent. En haut de la colline domine le grand apérotier, dont les feuilles aux vertus psycholeptiques incitent celui qui les touche à inviter ses voisins.

Le chef Bonnepioche, propriétaire privilégié du seul coq gélinais, affiche sa richesse avec ostentation en même temps qu’il cache une blessure douloureuse : À la mort de son père, héros gélinais, il a été victime d’une crise d’amnésie et a oublié le grand secret des Bonnepioche, transmis de génération en génération, qui faisait de cette famille un modèle de sagesse. Un malheur n’arrivant jamais seul, depuis ce jour, la feuille d’apérotier ne lui fait plus aucun effet. Loin de s’en plaindre, il en simule les sensations, invitant même ses voisins plus qu’à son tour. Ce qui a toujours mis les Gélinais en joie, sauf Savachié que ça met en rage, rapidement raisonnée par Bâbord et Tribord, les fidèles conseillers de Bonnepioche.

Premier jour

C’est Bâbord qui l’a trouvée. On n’a aucune idée de sa provenance, mais elle flottait, immobile, au fond du Péhibé, le principal puits d’eau potable du Mont Gélin. D’un verre coloré et bullé, scellée par un bouchon de résine, la bouteille laissait voir le rouleau de cuir tendre joliment maintenu par un nœud de jonc.

À l’apéro du soir, on a fait fondre la résine, libéré le rouleau de sa gangue et de de sa bride, et chacun a pu admirer ce que révélait le parchemin : une carte aux trésors.

Jéfellessèque, le brillant compteur de ponte, jugea précieux la bouteille et la carte, et décrypta les symboles de celle-ci sans souffrir du moindre avis contradictoire, comme de coutume car personne ne voulait compter les œufs à sa place. Jéfellessèque semblait du reste avoir raison, et chacun acquiesça à ses conclusions : on cherchera le trésor à l’endroit par lui désigné, et on conservera la bouteille. Mais surtout, à l’avenir, le possesseur d’une carte sera propriétaire du trésor correspondant.

vers la page suivante…

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