Archives par catégorie : Billet de l’Autre

Le trésor gélinais (par Liger)


Les choses ont bien changé, sur le Mont Gélin. Et l’ambiance aussi : jamais la tension n’a été aussi forte. Seul Savachié, le livreur de fleurs et d’épines, arbore sa jubilation.

L’histoire du Mont Gélin est bien riche, en voici la chronique.

Les temps anciens

La terre est dure, mais l’eau est abondante. Les poules, principale ressource des Gélinais, pondent et se reproduisent. En haut de la colline domine le grand apérotier, dont les feuilles aux vertus psycholeptiques incitent celui qui les touche à inviter ses voisins.

Le chef Bonnepioche, propriétaire privilégié du seul coq gélinais, affiche sa richesse avec ostentation en même temps qu’il cache une blessure douloureuse : À la mort de son père, héros gélinais, il a été victime d’une crise d’amnésie et a oublié le grand secret des Bonnepioche, transmis de génération en génération, qui faisait de cette famille un modèle de sagesse. Un malheur n’arrivant jamais seul, depuis ce jour, la feuille d’apérotier ne lui fait plus aucun effet. Loin de s’en plaindre, il en simule les sensations, invitant même ses voisins plus qu’à son tour. Ce qui a toujours mis les Gélinais en joie, sauf Savachié que ça met en rage, rapidement raisonnée par Bâbord et Tribord, les fidèles conseillers de Bonnepioche.

Premier jour

C’est Bâbord qui l’a trouvée. On n’a aucune idée de sa provenance, mais elle flottait, immobile, au fond du Péhibé, le principal puits d’eau potable du Mont Gélin. D’un verre coloré et bullé, scellée par un bouchon de résine, la bouteille laissait voir le rouleau de cuir tendre joliment maintenu par un nœud de jonc.

À l’apéro du soir, on a fait fondre la résine, libéré le rouleau de sa gangue et de de sa bride, et chacun a pu admirer ce que révélait le parchemin : une carte aux trésors.

Jéfellessèque, le brillant compteur de ponte, jugea précieux la bouteille et la carte, et décrypta les symboles de celle-ci sans souffrir du moindre avis contradictoire, comme de coutume car personne ne voulait compter les œufs à sa place. Jéfellessèque semblait du reste avoir raison, et chacun acquiesça à ses conclusions : on cherchera le trésor à l’endroit par lui désigné, et on conservera la bouteille. Mais surtout, à l’avenir, le possesseur d’une carte sera propriétaire du trésor correspondant.

vers la page suivante…

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Décagoulé ! (par ginkoland)

J’ai toujours eu beaucoup d’estime pour le sous-commandant Marcos pour des raisons diverses et variées et bien au-delà d’un certain romantisme révolutionnaire.

Je pense qu’il n’y a jamais eu un autre homme qui a su comme lui toucher du doigt avec autant de vérité, d’exactitude, toute l’absurdité et la violence inouïe de notre monde devenu résolument moderne, globalisé et sans âme.

L’âme justement.

S’il y a bien une chose qui marque dans son œuvre c’est bien l’absence d’une idéologie qui prendrait le pas sur l’humain. Dans son combat au sein de L’EZLN même si la reconnaissance d’un peuple a été le point d’orgue qui a marqué les années de lutte armée, ça a toujours été autour de l’homme, de sa légitime identité et de sa place dans le monde.

Plus qu’une doctrine Marcos nous a offert des outils, des outils pour l’émancipation et bien plus de questions que de réponses. Reste à chacun de s’en emparer, de le développer à sa façon et de passer le relais.

Au fond s’il en est un qui est de plain-pied dans monde moderne réel, c’est bien lui.

Et qui est « lui » ?

Ben personne, tout le monde, on ne sait pas justement et c’est bien le but. Marcos c’est moi, c’est toi.

Nous sommes tous des Marcos en puissance.

Marcos déconnologue ?

Ah ça c’est une opinion personnelle mais dans toutes ses contributions, la vie et l’humour sont toujours présents et avec une subtilité que j’admire.

Des exemples avec les références à Don Quichotte pour son livre « Don Durito de la forêt Lacandone ».

***

Extrait :

« Surnommé le « Sup », l’écuyer et le scribe de Don Durito de la Lacandone a, selon la description du chevalier errant, un grand nez. Parmi d’autres adjectifs dont la mention est inutile, il est pâle et émacié. Il dit s’appeler Marcos Montes de la Selva, être né au matin d’un jour d’août 1984 et être le fils de Don Antonio et de Dona Juana.

Durito est un scarabée, qui est né en décembre 1985 dans la forêt Lacandone située au Sud-Est d’un pays appelé le Mexique. Nul ne le connaît sous son nom de famille « Nabuchodonosor », par crainte de la PGR1 Durito est son nom de guérillero et de chevalier errant, ce qui revient au même sous ces latitudes.

Ennemi acharné du néolibéralisme. « Tour à tour détective, analyste politique, chevalier errant et épistolier… »

Auteur de Contes pour une nuit d’asphyxie et de Contes pour une solitude insomniaque, écrits pour soulager son cœur oppressé par l’inconnu.

Ou alors un « Un pingouin dans la forêt Lacandone ».

Initialement c’est ce texte que je voulais présenter et je me suis un peu dispersé… alors du coup le voilà : il suffit de cliquer sur la page 2, un peu plus bas…

 

ginkoland


  1. Parquet général de la République (PGR), l’équivalent au Mexique du ministère de la Justice.
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Nouvel Inscrit



Cliquer dans l’image pour lancer la vidéo… (qui ne s’affiche que sur la page d’accueil).


Comme toute bonne sectouille qui se respecte, l’Église de Déconnologie Pilotique enjoint à ses zélateurs de croître et se multiplier afin de conquérir le monde, de convertir les païens et d’épiler les Roger Velu ; tâche sublime s’il en est, qui ouvrira les portes de la Sainte Calembredaine aux martyrs de la Cause.

Nous adressons donc nos plus vives félicitations à notre jeune disciple Pseudo, qui a mis bien du cœur à l’ouvrage et nous a offert un petit Corentin tout récemment. Dans son immense mansuétude, le Kondukator Kosmoplanétaire consent une réduction de 25% sur l’abonnement d’un an à l’Ici-Blog aux bienheureux parents.

 

Le clip vidéo a été tritouillé avec les doigts de fée de Marina, qui gagne un tour en scooter dans Paris la nuit en compagnie de Numebert VI, notre prophète bien-aimé.

 

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Un roquet au troquet

Après le temps des Roger Velu, voici venu celui des Roquets Villeux, triste légion glapissante par les temps qui courent.

Nous avons eu droit à un de ces aboyeurs confus ces derniers jours sur l’Ici-Blog, en la personne de batilalehuns alias Batila sur Rue89 1 et Évariste Cacabouilla dans la vie du dehors .

Or donc ce minus habens indigent de la comprenette qui m’avait roulé dans la merde dans un de ses posts récents sur ce journal populiste2 a déboulé Ici en jappant nerveusement.

Il en a pris pour son grade et nous avons copieusement rigolé en sa canine compagnie − lire les commentaires du billet précédent. Lui, ça ne l’a pas fait rire… mais pour le dérider il faut sans doute l’empaler sur un godemiché comaque ou le retourner sens dessus dessous afin d’apercevoir enfin un faible sourire poindre à ses commissures. Car ce fâcheux petit bonhomme nous cherche noise et menace d’aller au commissariat de son arrondissement pour y déposer une main courante.

Ayons donc toutes et tous, Joyeux Déconnologues Ici assemblés, une pensée pleine de compassion pour le planton de service un dimanche du joli mois de mai, qui verra débarquer cet ahuri à son guichet, lequel exigera de ce malheureux fonctionnaire sous-payé l’inscription d’une requête démente, à savoir que plusieurs d’entre nous ont insulté son pseudonyme, ont fait des jeux de mots débiles avec et l’avons raillé en bande déconnante.

Mon ami Titou qui est simple flic, me fait souvent bien marrer en me contant les histoires de plaignants gnangnans qui l’assaillent de toutes sortes de doléances plus farfelues les unes que les autres. Faut bien qu’ils s’amusent un peu, nos gardiens de la paix.

Nous aussi : on va pas se prendre le chou plus longtemps avec des roquets imbéciles : alignons-nous derrière le zinc : la patron du troquet offre la tournée générale.

[bruits de verres entrechoqués dans le lointain]

 

  1. Torchon merdique en ligne où je n’écris plus depuis un bail.
  2. Bas de gamme et totalement dénué d’intérêt pour mes épluchures
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Le Vrai Féminisme Authentique – par Hulk (GCDD)


Après la mort de Clovis [en 511], ses quatre fils, Théodoric, Chlodomir, Childebert et Clotaire, prirent possession de son royaume, et se le partagèrent également.

Lors d’une guerre, il arrive malheur à Clodomir. Aussitôt Clotaire (le cadet) prend les mesures qui s’imposent :

Gondemar ayant pris la fuite avec son armée, Clodomir le poursuivit, [...] et tomba ainsi au milieu de ses ennemis qui lui coupèrent la tête, la fixèrent au bout d’une pique, et l’élevèrent en l’air [en 524]. Ce que voyant les Francs, et reconnaissant que Clodomir avait été tué, ils recueillirent leurs forces, mirent en fuite Gondemar, écrasèrent les Bourguignons et s’emparèrent de leur pays. Clotaire, sans aucun délai, s’unit en mariage à la femme de son frère, nommée Gontheuque.

Après une expédition guerrière liée à un conflit géopolitique complexe, Clotaire décide de prendre soin de la fille de son ennemi :

Clotaire, en revenant, emmena captive avec lui Radegonde, fille du roi Berthaire, et la prit en mariage.

Plus tard, son neveu Théodebald fils de Théodoric va mal : avec bonté, Clotaire prend soin de sa femme :

Celui-ci, en effet, devenu très infirme, ne pouvait remuer de la ceinture en bas : il mourut peu de temps après, la septième année de son règne [en 553]. Le roi Clotaire prit son royaume, et fit entrer dans son lit sa femme Vultrade.

 

Bref, en synthèse :

Le roi Clotaire eut sept fils de ses diverses femmes, savoir : d’Ingunde il eut Gonthaire, Childéric, Charibert, Gontran, Sigebert, et une fille, nommé Clotsinde ; d’Aregunde, sœur d’Ingunde, il eut Chilpéric ; et de Chunsène, il eut Chramne.

 

Et voici l’explication : Clotaire voulait pour les femmes ce qu’il y a de mieux :

Comme il était déjà marié à Ingunde, et l’aimait d’unique amour, il reçut d’elle une prière, en ces termes : Mon Seigneur a fait de sa servante ce qui lui a plu, et il m’a appelée à son lit : maintenant, pour compléter le bienfait, que mon seigneur roi écoute ce que lui demande sa servante. Je vous prie de daigner procurer un mari puissant et riche à ma sœur, votre servante ; de telle sorte que rien ne m’humilie, et qu’au contraire, élevée par une nouvelle faveur, je puisse vous servir encore plus fidèlement.

À ces paroles, le roi, qui était trop adonné à la luxure, s’enflamma d’amour pour Aregunde, alla à la maison de campagne où elle habitait, et se l’unit en mariage.

L’ayant ainsi prise, il retourna vers Ingunde, et lui dit : J’ai songé à t’accorder la grâce que ta douceur m’a demandée, et cherchant un homme riche et sage que je pusse unir à ta sœur, je n’ai rien trouvé de mieux que moi-même. Ainsi sache que je l’ai prise pour femme, ce qui, j’espère, ne te déplaira pas. Alors elle lui dit : Que ce qui paraît bon à mon seigneur soit ainsi fait ; seulement que ta servante vive toujours avec la faveur du Roi.

 

Cette heureuse disposition d’esprit, toute d’altruisme et de dévouement, a permis à Clotaire de profiter pendant cinquante ans du troisième plus long règne de l’histoire de France. Seuls messieurs Quatorze et Quinze ont fait mieux.

 

Le féminisme authentique avait quand même de la gueule au VIè siècle, et il protégeait du cancer du cul si on en juge par la vie décomplexée et pleine de santé de notre joyeux compagnon.

 

Toutefois :

Comme il était, durant la cinquante et unième année de son règne, dans la forêt de Cuise, occupé à la chasse, il fut saisi de la fièvre, et se rendit à Compiègne. La, cruellement tourmenté de la fièvre, il disait : Hélas ! qui pensez-vous que soit ce roi du ciel qui fait mourir ainsi de si puissants rois ? Et il rendit l’esprit dans cette tristesse [en 561].

Quelle injustice divine qu’un homme ayant voué ainsi sa vie à la gent féminine soit finalement récompensé de sa grande vertu au moyen d’un quelconque bacille vénérien…

 

Moi je l’aime bien ce Clotaire. Il est très injustement méconnu. Ce billet vise donc à réparer cette injustice…

 

PS : les textes en italiques sont extraits de L’Histoire des Francs, rédigée au VIè siècle par Grégoire de Tours :

http://fr.wikisource.org/wiki/Histoires (Grégoire_de_Tours)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Grégoire_de_Tours

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Patient tissage (par m’dame kk)

Apprendre

J’apprends ; qui apprend, moi, celui ou celle à qui j’apprends.
La vie m’apprend mais la vie m’enseigne aussi.
Drôle de verbe : j’apprends ou je t’apprends ?

Moi, mon métier comme une partie de ma vie c’est d’apprendre… à d’autres,  mais en leur apprenant, j’apprends.
On tourne en rond ou on avance là ?

J’ai enseigné en collège, en élémentaire et pour finir en maternelle. J’ai élevé deux enfants et j’ai connu les affres du parent d’élève ; autant dire que j’ai beaucoup appris.

Admettons que celui qui apprend soit l’apprenant, comment lui apprendre? Comment lui donner envie d’apprendre, comment le mettre en situation d’apprendre?
pas simple.

Mon approche est la confiance, je pars toujours de l’idée que l’autre, l’enfant le plus souvent, est capable d’apprendre et j’essaie qu’il sache toujours que je lui fais confiance, que je ne doute pas de lui.
Apprendre, c’est grandir, c’est comprendre le monde, c’est avoir un peu barre sur lui.
Apprendre, c’est essayer, tâtonner, se planter, analyser et repartir.
Apprendre, c’est savoir que l’échec est souvent plus formateur que la réussite, c’est pourquoi il ne faut jamais occulter les difficultés.

Apprendre, finalement, c’est avoir le désir permanent qu’un jour prochain, l’élève dépassera le maître.

 

kk


Note du Kondukator : grève dans l’Éducation Nationale aujourd’hui, alors vu qu’on va les avoir dans les pattes, nos minots −du moins ceux qui en ont−, on peut bien en causer un peu beaucoup passionnément ou pas du tout, partir en vrille et déconnologuer hors-les-clous tant qu’on y est et tous autant qu’on est.


Apprendre



J’apprends ; qui apprend, moi, celui ou celle à qui j’apprends.
La vie m’apprend mais la vie m’enseigne aussi.
Drôle de verbe : j’apprends ou je t’apprends?

Moi, mon métier comme une partie de ma vie c’est d’apprendre … à d’autres,  mais en leur apprenant, j’apprends.
On tourne en rond ou on avance là ?

J’ai enseigné en collège, en élémentaire et pour finir en maternelle. J’ai élevé deux enfants et j’ai connu les affres du « parent d’élève » ; autant dire que j’ai beaucoup appris.

Admettons que celui qui apprend soit l’ »apprenant », comment lui apprendre? Comment lui donner envie d’apprendre, comment le mettre en situation d’apprendre?
pas simple.

Mon approche est la confiance, je pars toujours de l’idée que l’autre, l’enfant le plus souvent, est capable d’apprendre et j’essaie qu’il sache toujours que je lui fais confiance, que je ne doute pas de lui.
Apprendre, c’est grandir, c’est comprendre le monde, c’est avoir un peu barre sur lui.
Apprendre, c’est essayer, tâtonner, se planter, analyser et repartir.
Apprendre, c’est savoir que l’échec est souvent plus formateur que la réussite, c’est pourquoi il ne faut jamais occulter les difficultés.

Apprendre, finalement, c’est avoir le désir permanent qu’un jour prochain, l’élève dépassera le maître.

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