J’ai toujours eu beaucoup d’estime pour le sous-commandant Marcos pour des raisons diverses et variées et bien au-delà d’un certain romantisme révolutionnaire.
Je pense qu’il n’y a jamais eu un autre homme qui a su comme lui toucher du doigt avec autant de vérité, d’exactitude, toute l’absurdité et la violence inouïe de notre monde devenu résolument moderne, globalisé et sans âme.
L’âme justement.
S’il y a bien une chose qui marque dans son œuvre c’est bien l’absence d’une idéologie qui prendrait le pas sur l’humain. Dans son combat au sein de L’EZLN même si la reconnaissance d’un peuple a été le point d’orgue qui a marqué les années de lutte armée, ça a toujours été autour de l’homme, de sa légitime identité et de sa place dans le monde.
Plus qu’une doctrine Marcos nous a offert des outils, des outils pour l’émancipation et bien plus de questions que de réponses. Reste à chacun de s’en emparer, de le développer à sa façon et de passer le relais.
Au fond s’il en est un qui est de plain-pied dans monde moderne réel, c’est bien lui.
Et qui est « lui » ?
Ben personne, tout le monde, on ne sait pas justement et c’est bien le but. Marcos c’est moi, c’est toi.
Nous sommes tous des Marcos en puissance.
Marcos déconnologue ?
Ah ça c’est une opinion personnelle mais dans toutes ses contributions, la vie et l’humour sont toujours présents et avec une subtilité que j’admire.
Des exemples avec les références à Don Quichotte pour son livre « Don Durito de la forêt Lacandone ».
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Extrait :
« Surnommé le « Sup », l’écuyer et le scribe de Don Durito de la Lacandone a, selon la description du chevalier errant, un grand nez. Parmi d’autres adjectifs dont la mention est inutile, il est pâle et émacié. Il dit s’appeler Marcos Montes de la Selva, être né au matin d’un jour d’août 1984 et être le fils de Don Antonio et de Dona Juana.
Durito est un scarabée, qui est né en décembre 1985 dans la forêt Lacandone située au Sud-Est d’un pays appelé le Mexique. Nul ne le connaît sous son nom de famille « Nabuchodonosor », par crainte de la PGR1 Durito est son nom de guérillero et de chevalier errant, ce qui revient au même sous ces latitudes.
Ennemi acharné du néolibéralisme. « Tour à tour détective, analyste politique, chevalier errant et épistolier… »
Auteur de Contes pour une nuit d’asphyxie et de Contes pour une solitude insomniaque, écrits pour soulager son cœur oppressé par l’inconnu.
Ou alors un « Un pingouin dans la forêt Lacandone ».
Initialement c’est ce texte que je voulais présenter et je me suis un peu dispersé… alors du coup le voilà : il suffit de cliquer sur la page 2, un peu plus bas…
ginkoland






Le trésor gélinais (par Liger)
Les choses ont bien changé, sur le Mont Gélin. Et l’ambiance aussi : jamais la tension n’a été aussi forte. Seul Savachié, le livreur de fleurs et d’épines, arbore sa jubilation.
L’histoire du Mont Gélin est bien riche, en voici la chronique.
Les temps anciens
La terre est dure, mais l’eau est abondante. Les poules, principale ressource des Gélinais, pondent et se reproduisent. En haut de la colline domine le grand apérotier, dont les feuilles aux vertus psycholeptiques incitent celui qui les touche à inviter ses voisins.
Le chef Bonnepioche, propriétaire privilégié du seul coq gélinais, affiche sa richesse avec ostentation en même temps qu’il cache une blessure douloureuse : À la mort de son père, héros gélinais, il a été victime d’une crise d’amnésie et a oublié le grand secret des Bonnepioche, transmis de génération en génération, qui faisait de cette famille un modèle de sagesse. Un malheur n’arrivant jamais seul, depuis ce jour, la feuille d’apérotier ne lui fait plus aucun effet. Loin de s’en plaindre, il en simule les sensations, invitant même ses voisins plus qu’à son tour. Ce qui a toujours mis les Gélinais en joie, sauf Savachié que ça met en rage, rapidement raisonnée par Bâbord et Tribord, les fidèles conseillers de Bonnepioche.
Premier jour
C’est Bâbord qui l’a trouvée. On n’a aucune idée de sa provenance, mais elle flottait, immobile, au fond du Péhibé, le principal puits d’eau potable du Mont Gélin. D’un verre coloré et bullé, scellée par un bouchon de résine, la bouteille laissait voir le rouleau de cuir tendre joliment maintenu par un nœud de jonc.
À l’apéro du soir, on a fait fondre la résine, libéré le rouleau de sa gangue et de de sa bride, et chacun a pu admirer ce que révélait le parchemin : une carte aux trésors.
Jéfellessèque, le brillant compteur de ponte, jugea précieux la bouteille et la carte, et décrypta les symboles de celle-ci sans souffrir du moindre avis contradictoire, comme de coutume car personne ne voulait compter les œufs à sa place. Jéfellessèque semblait du reste avoir raison, et chacun acquiesça à ses conclusions : on cherchera le trésor à l’endroit par lui désigné, et on conservera la bouteille. Mais surtout, à l’avenir, le possesseur d’une carte sera propriétaire du trésor correspondant.
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