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Comme l’écrivait Olive dans son commentaire au précédent billet, le roi s’est barré du palais en béton rose de Katmandou, qui a été transformé en musée. Ça devrait s’ouvrir au public dans trois mois. Ça va être vite plié : y a pas grand-chose à voir là-dedans. Vous pensez bien que le ci-devant Gyanendra a largement eu le temps de faire le vide avant de décaniller.

On aurait aperçu cinq camions lourdement chargés quittant nuitamment le palais, peu de temps avant la proclamation de la république…

L’ex-roi s’est fendu d’une bizarre conférence de presse le jour ultime, dans un hall bondé de journalistes tassés comme des harengs et atrocement bruyants. Assis à sa petite table devant une forêt de micros, il a monologué à haute voix dans le boucan pendant vingt bonnes minutes, se justifiant des accusations qui lui sont faites (à tort, à mon avis) d’avoir ourdi le massacre du palais en 2001, où son frère Birendra, le roi d’alors, s’était fait assassiner au pistolet-mitrailleur par son propre fils, le prince Dipendra, qui avait pété un câble pour le cœur d’une belle indienne que ses parents lui refusaient d’épouser. Et puis il s’est excusé du tort qu’il aurait pu, lui et son entourage, causer involontairement au peuple népalais. Faux-cul de merde, là. Il s’est levé sans laisser le temps aux journalistes de lui poser des questions, et puis il est sorti par la petite porte de droite, et trois heures après la Mercedes royale franchissait une dernière fois les hautes grilles de ce lieu moche. Le laid palais des népalais.

Aujourd’hui, on a hissé le drapeau lune et soleil sur le grand mât et dévoilé la banderole du nouveau musée national.


On a aussi redécouvert, couverte de poussière et de rouille, la première voiture automobile qui ait jamais roulé dans la Vallée : celle qu’Adolf Hitler avait offerte au grand-père de Gyanendra, le roi Tribhuvan, en 1940, et qui fut hissée ici à dos de porteurs et en pièces détachées au prix d’efforts surhumains, et ne roula pour ainsi dire jamais, vu qu’à la première panne, le manque de pièces détachée la condamna au garage. Elle devrait être bientôt confiée à une équipe de restaurateurs et constituer une des pièces maîtresses du musée… avec le sceptre et la couronne, que Gyanendra a rendu au nouveau gouvernement au tout dernier moment. Ce qui fit courir un milliard de rumeurs supplémentaires dans la vallée aux mille échos…

Katmandou est une île, sauf qu’au lieu d’océan c’est de montagnes qu’elle est ceinte.




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Jolie Môme !


 

 

Il est sept heures du soir à Katmandou (trois heures et quart en France) et je fais comme les Népalais : la bringue… mais tout seul dans mon coin vu qu’il n’y a pas des masses de Népalais à Puycity…

La situation est pour le moins confuse : la République est en train de naître, mais elle n’a toujours pas été proclamée…
Après une longue journée de papotages divers, la Constituante s’est enfin réunie avec cinq huit plus de dix heures de retard.

Les députés sont en conclave.
Dans les rues, c’est la liesse.

Pour le roi, on ne sait pas trop bien : il se dit qu’on l’a vu quitter le palais en catimini, dans sa grosse limousine… et d’autres n’ont rien vu. Il se rapporte aussi que la Constituante lui aurait accordé un délai de quinze jours supplémentaires pour se tirer, histoire de ne pas créer de conflit aujourd’hui…

20H00 : (Népal) : deux bombes ont explosé tout près de la salle de conférence où sont réunis les 26 députés de la Constituante. Deux blessés graves ont été hospitalisés…

21H19 : la Constituante vient de débuter. Ses travaux devraient durer toute la nuit.

21H30 : deux minutes de silence ont été observées dans les rues de Katmandou, noires de monde, à la mémoire des martyrs de la Révolution d’Avril.

21H31 : le Premier ministre par intérim, GP Koirala, vient d’entamer son allocution…

21H38 : il invite les maoïstes à former le nouveau gouvernement après avoir appelé à la fin de toutes les violences.

21H44 : après lecture des détails des procédures de la Constituante, un énorme OUI retentit dans l’assemblée. Pas une seule voix ne s’oppose au texte, qui est adopté à l’unanimité.

21H46 : la proposition première est de déclarer le Népal comme République démocratique fédérale.

21H47 : tous les privilèges royaux seront abolis, avec effet immédiat.

21H54 : un orateur explique la procédure du vote qui va avoir lieu.

21H56 : la cloche électorale sonne… elle continuera de le faire pendant cinq minutes.

22H05 : la quasi totalité des votants s’est dirigée vers le côté « POUR » la proposition.

22H09 : tout le monde vote.

22H15 : les gens décorent la grande place historique de Basantapur.

22H43 : le décompte des votes a commencé ; il semblerait qu’il n’y ait aucune voix contre la proclamation des cinq points nécessaires à la proclamation de la république… Les stations de radio et de télévision annoncent deux jours de congés pour l’occasion.

22H45 : GP Koirala, 84 ans, Premier Ministre par intérim, vient de quitter la Constituante pour regagner sa résidence.

23H06 : on donne trois minutes de réflexion à ceux qui voudraient changer leur vote. Personne ne se manifeste.

23H09 : on accorde deux minutes à une députée qui tient à mettre l’accent sur le fait que le Népal s’apprête à devenir une république laïque.

23H15 : KB Gurung, chef de séance, déclare qu’on est en arrivé au terme. L’assemblée manifeste sa joie bruyamment.

23H23 : les résultat est proclamé : 560 voix POUR, 4 CONTRE.

23H35 (19H55 en France) : KB Gurung déclare que la proposition est adoptée. Il propose au nouveau gouvernement de déchoir le roi et son secrétariat de tous leurs privilèges hors de ceux de citoyens ordinaires et lui ordonne de quitter le palais dans les quinze jours à venir, ce qui est adopté à l’unanimité.

 

 

LA RÉPUBLIQUE EST PROCLAMÉEPhoto Tapas Thapa (Kantipur ONline) DR




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La Chute


 

2 Baisakh 2065 de l’ère Vikram Sambat.

Le grand chariot antique de Seto Macchendranath s’est effrondré à Katmandou, aujourd’hui, faisant douze blessés.
C’est un événement rarissime, présage de grand malheur pour le royaume.
Avant-hier, les Népalais ont voté en masse pour élire les députés de l’Assemblée Constituante qui proclamera la République.
Le roi abdiquera.
Une majorité de citoyens a désigné un parlement où les maoïstes, conduits par Prachanda, seront légèrement majoritaires.
La monarchie sera abolie.
Il y a eu onze morts – moins que prévu – durant les élections.
Dans l’esprit des Népalais, il ne fait aucun doute que le grand malheur n’est pas le succès des maoïstes, mais la fin d’une dynastie atroce.
Le vieux sage Jimmy Carter, qui a supervisé les élections avec sa Fondation (c’est sa 72ème), est très heureux du résultat.
Moi aussi.

Longue et belle vie à la future République Népalaise !
Jaï Nepal !

***


Pas d’inquiétude : le Poulpe accouchera d’un épisode, comme chaque nuit…




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Penser Machines

 

cyp – 2007



En attendant c’est moi qui pense à elles… mais en attendant quoi, déjà ?

Qu’elles pensent, un jour ?

Si c’était ça, je pourrais me brosser jusqu’à me rubéfier la carapace comme celle d’une écrevisse au court bouillon ; je sais que c’est demain la veille, mais d’une ère pour moi démesurée..

Les machines actuelles calculent leurs drôles de computs à toute vapeur, et puis c’est tout.

Un jour prochain ou non elles penseront, mais ce ne sont pas celles que je répare présentement, qui gisent sur le flanc dans mon atelier minuscule et déserté pendant une bonne semaine, pour aller pianoter à la cuisine et songer moi aussi à leur destin en gestation, et du même coup au mien.

J‘ai débranché le téléphone et fait la grève du courriel, et puis j’ai accordé le diapason de mon antenne mononeurale aux ondes émises par les Confins des Vastes Univers, où réside ma véritable cervelle, qui est omnisciente et même plus (j’entretiens avec le soin maniaque d’une épépineuse de groseilles ce mythe de l’ultra-père avec mes enfants depuis leur conception parce que je tiens énormément à leur craintive vénération, et que c’est quand même moins débile que le Père Noël, et que comme ça ils filent doux et ils m’aiment, quand bien je n’arrive qu’une fois sur huit cent à répondre à la question Super Banco du Jeu des Mille Euros — comme Louis Bozon, d’ailleurs ).

De tout ça, j’ai doctement conclu, en bon self-made kondukator, persuadé d’avoir toujours raison quand c’est moi qui me le dit, que je me sentais aborder un virage dont j’ai le secret, inéluctable et mûr, porteur de grosses gouttasses d’un cumulonimbus de canicule, émolientes et fécondes ; et que donc l’associatif, ça ne le faisait plus.

L‘idée était excellente, pourtant : récupérer et remettre en état, puis mettre à disposition des gens nécessiteux, des associations et des écoles, des machines suffisantes pour un usage quotidien ordinaire (le net, de la bureautique, retouche d’image)…

Seulement voilà : je me retrouve à faire la hotline gratosse (entre dix et trente coups de fil quotidiens) ; on me harcèle pour des clopinettes (une nénette à qui j’ai prêté une bécane me laisse un message par jour pour me réclamer – exiger ! – une paire de hauts-parleurs (10 € au supermarché) depuis une semaine… Ou bien t’as le président d’un club sportif (gavé de subventions) quelconque qui vient dans une super bagnole lisse et métallisée, et t’embarque un biniou pimpant et bichonné-maison sur lequel j’ai sué un jour plein, pour une cotisation annuelle de cinquante z€us et qu’est sympa comme une merde… ou bien je file une bécane à la petite Machinchouette et elle me dit même pas bonjour quand on se croise…

Il n’y a pas que ceux-là, bien entendu, et je me passe encore bien souvent de bons moments à l’atelier, les après-midis où c’est comme le métro aux heures de pointe, sans sièges ni poignées et que ça clignote de partout et que ça cause dans tous les coins, pendant l’extirpation au forceps d’une tripotée de virus cramponnés des tous leurs petits octets surdopés aux plateaux rotatifs d’un disque dur hocquetant.

Non, et puis le milieu associatif, c’est que des instits et des profs en retraite ou presque. Des ex enseignants gnans. Y avait bien les amiEs de la Confédération Paysanne, mais ils sont aussi fauchés que le blé transgénique par leur engeance moustachue.

Donc, si je répare, autant gagner ma croûte avec. Ça ne m’empêchera pas de filer des machines à qui je veux. Mais plus à n’importe qui, et plus à la chaîne. Depuis que je suis rentré du Népal, j’ai turbiné à l’arrache en ne prenant que trois jours de repos jusqu’à l’arrivée de Catherine et Quidam, il y a deux semaines.

Comme les machines ne pensent pas, je les ai éteintes, sauf celle d’où j’écris. D’ailleurs j’ai écrit. Une semaine entièrement : écrire et lire. Je veux écrire beaucoup plus, alors je dois m’organiser. La forme courte, j’adore ; elle est pour quand je n’ai pas le temps. Alors je fais un billet en moins de trois minutes. Ça mitonne tout le jour, et le soir ça chuinte, comme d’une soupape de marmite à pression.

Mais j’aime encore nettement plus écrire tout le long d’un long jour. Alors je vais mettre l’association en veilleuse, et puis je vais ouvrir une boîte.Le Cypounet en Micro BIC. Je ressors le vieux truc (lire les premiers billets de la catégorie) de dessous la pile de paperasses que je me convainc d’affronter tout bientôt, en imaginant les bureaucrates qui n’attendent que ma reddition en comptant leurs points de retraite tout en téléchargeant des vidéos sur le net… et je ne frémis pas : je frise de peu la parfaite impavidité.

Une dame anglaise est passée vers trois heures… Je lui en cause. Elle est choquée de découvrir notre bureaucratie.

— On dirait bien qu’en France, ils ne veulent pas que vous montiez une société… C’est wraiment horribeulle !

Indeed.

Mais bon, j’ai passé l’âge : je m’en fous un peu quand même.

Informatique et panne, c’est comme un chiotte bouché pour son plombier : tu bouges pas de chez toi et tu débranches le téléphone, ben ça frappera quand même à la porte en plein dîner, ou le dimanche soir. Pas besoin de pub. Au contraire. Comme des psychanalystes. Ça ne débande pas sur le divan ou l’établi.




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MAOBADI AK47



[MEDIA=1]



Je l’ai regardée l’autre soir avec mon fils Gaspard ; il m’a dit :

— Ça n’a vraiment rien à voir avec les films de guerre.

Chaque balle compte ; c’est des pauvres.

* * *

La guérilla maoïste a déposé les armes l’an dernier, après la Révolution d’avril. Leur chef, Prachanda, siège actuellement à l’Assemblée constituante népalaise, avec une coalition de partis politiques allant de la droite ultra libérale à la gauche socio-démocrate. Les maos gèrent cinq ministères. Le sort du roi déchu Gyanendra se décidera le 22 novembre, par voie référendaire. Sortis définitivement du maquis, les pontes maoïstes se laissent pousser la bedaine et s’amollissent doucement. C’est tant mieux ; un Pol Pot, c’est déjà un de trop.

Dans ce document de propagande pris sur le vif, les maos sont en vert, les soldats de l’armée officielle en gris. C’est avec seulement 35000 combattants que l’Armée Populaire a forcé le roi tyran à déposer sa couronne. La Grande Bretagne et les USA ont abondamment fourni l’armée régulière, forte de 250000 hommes, en matériel et en formation militaire.

Le Népal n’ayant aucune ressource naturelle exploitable par les pays prédateurs, ils ont laissé tomber le roi, pour le plus grand bien du peuple népalais, qui n’aspire qu’à une chose : qu’on leur foute la paix. D’ailleurs ils se débrouillent très bien comme ça.

Il est intéressant de noter que l’intégralité des cadres maoïstes sont de bons hindous de haute caste.

C’est le Népal.
Et au Népal, on dit Maobadi pour maoïste.




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CONTRAT NO FUTURE




L’arnaque.

Voilà, c’est en un mot, un seul, que se résume le Contrat d’Avenir.
Une belle saloperie, pondue par nos bureaucrates bien chauffés, dans leurs bureaux de merde.

Je résume : comme vous avez pu vous en rendre compte, si vous avez suivi nos aventures népalaises, Annie a vécu la pire des galères après avoir été embauchée par Dard’ Art en Contrat d’Avenir…

Il nous a fallu emprunter 400€ au Barbu, parce que sur la Convention d’Embauche, le numéro d’inscription était faux. La faute en incombe à l’ANPE de Cahors. Le versement du salaire a ainsi été retardé de DEUX MOIS.

Suite à un mauvais renseignement d’un branleur de l’ANPE de Cahors, un formulaire a été mal rempli, ce qui a relancé l’usine à gaz en retardant encore la procédure brejnevienne.

TOUS les interlocuteurs auxquels nous avons eu affaire nous avaient seriné que l’asso ne devrait sortir qu’environ 185€ par mois de charges sociales… alors qu’en réalité, il s’agit de 449€… Dard’ Art se retrouve donc sans un rond, grâce à cette bande de pourritures maudites !

Annie est donc licenciée économique.

Filez sur ce lien qui en dit long…

Quant à la Prime à l’Emploi, cliquez-moi là-dessus, et vous serez édifiés ! C’est vraiment dégueulasse !

 


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