Petit pays, petit continent, petit monde.
On est bien, là. Que là.
Surtout qu’on n’y vienne pas nous emmerder ou tenter de nous en dénicher.
C’est qu’on mordrait, pour un peu. Un peu beaucoup même.
On jetterait dehors et bouterait à terre
hors du pays. Petit pays si grand.
Je marche au pied du poteau levant les yeux sur le nichoir : j’ai bien saisi que ses hôtes sont hostiles.
Ils ont un drapeau et des lois qui sont leurs et pas miennes.
Bien obligé, en passager.
Ils veulent rester entre eux, grand bien leur fasse : je me pousse, comme ça ils n’auront pas besoin.
Ils sont foutus partant battus, les gros moineaux là-haut et ils le savent.
Ils se font un barouf d’enfer pour le baroud dernier dans le chahut du siècle qui signera leur terme.
Le nationalisme se taira pour de bon avant cent ans.
Tout cela ne voudra plus rien dire et déjà maintenant, alors que l’Ère du grand Méli-Mélo bat son plein.
L’air de rien, pointant le bout de son museau, soyeux joyeux.
Ah oui dans un petit siècle… je vois ça en voyageur jamais rebuté par la distance.
Ils auront l’air fin de ceux des musées de cires, les aboyeurs d’identités primaires à l’œil vitreux criant que c’est bien mieux chez eux.
Tu parles : ils seront sur leur perchoir à la ménagerie du jardin d’acclimatation de la connerie et les enfants futurs leurs jetteront des miettes.




Chiotte Littéraire
Petit caca nerveux dans le monde minuscule de l’édition française : l’immonde François Brigneau, paléo-fasciste assumé, voit un de ses bouquins réédité par les éditions Baleine. où d’ordinaire s’expriment la gauchitude libertaro-anar de mes couilles. Des antifachos de pacotille avec pour grand gourou l’ineptissime Jean-Bernard Pouy et sa grande gueule enfarinée.
Le seul petit roman que j’ai jamais publié sur papier, c’était chez Baleine. Si je suis entré en internet en 2001, c’est à cause de Baleine. Ou plutôt grâce à, vu que je m’en porte mieux depuis. La littérature se passe très bien de papier, d’encre et de maquereaux. Avec leurs contrats pourris à sept pour cent sur le prix de vente hors taxes, je ne vends pas mon cul et encore moins la pulpe de mes doigts.
Parce que c’est ça, l’anarchisme libertaire à la Pouy : une putain d’arnaque, et pas que financière. Idéologique, surtout et avant tout… parce que si ça les fait chier de voir Brigneau publié dans leurs collections, ils trouvent parfaitement normal qu’un ex-terroriste − Cesare Battisti − y figure, et ne jurent que par des auteurs outrancièrement fachos comme Louis-Ferdinand Céline, ou encore ouvertement antisémites tel le fut Léo Malet.
J’en ai plus que ma claque de ces fumistes pour qui la littérature se résume à du copinage, à exhiber leurs gueules dans les salons littéraires et à se passer la pommade sur le gland.
Rue89 s’est fendu de pas moins de deux articles en deux jours à ce propos ; un du sinistre Hubert Artus hier (cliquer pour aller le lire) et un autre ce matin de Francis Mizio, qui est un mec sympa ayant eu lui-même à pâtir des pratiques crapoteuses de Baleine − avant qu’ils ne soient repris par les éditions du Seuil. (cliquer pour le lire).
Le pontifiant, stalinien et chiantissime Didier Daeninckx a lancé une pétition à laquelle les auteurs de Baleine et du Poulpe sont censés signer. Alors déjà un : je n’ai pas été contacté par ce type, et deux : je me torche avec sa pétition. Obéir à la médiocrité, non merci. Qu’ils aillent se faire mettre, ces connarchistes, tous autant qu’ils sont ! je suis pas de leur petit monde étriqué et c’est pas demain la veille que ça viendra.
Des éditeurs de rien du tout, qui ne méritent pas cette qualification, voilà ce qu’ils sont. Je vais vous montrer leur travail. Voilà la seule et unique remarque soulignée au rouge que Baleine m’avait faite avant le bon à tirer de mon petit Poulpe (Pour Cigogne le Glas, cent soixante-troisième de la collection) :
« À son grand soulagement Paulo se gara sans encombres sur le parking d’un immeuble pareil aux autres, six étages de ciment sonore avec des airs proprets vite démentis par la crasse et l’odeur agressive de la cage d’escalier -car l’ascenseur était en panne. Le Sanglier habitait au cinquième avec sa femme Zita, une Portugaise d’au moins cent vingt kilos et une portée de mioches pétulants et rentables au point de vue des allocs. Une douzaine de döner-kebabs fumants se trouvaient sur la table, destinés à nourrir la tribu. »
Je décrivais une scène vécue chez voisins du dessus de chez ma frangine… mais chez les gauchos de mes deux il ne faut pas écrire que des salopes vulgaires pondent des marmots pour le pognon. Ça la fout mal. Le bouquin est paru avec la phrase. C’était ça ou merde.
Le sauvage ne s’abiboche pas avec les vieilles chaussettes civilisées. Ils les fourre à la benne et va s’en acheter des neuves.
Le Net, c’est l’Écriture !