Chiotte Littéraire

 

Petit caca nerveux dans le monde minuscule de l’édition française : l’immonde François Brigneau, paléo-fasciste assumé, voit un de ses bouquins réédité par les éditions Baleine. où d’ordinaire s’expriment la gauchitude libertaro-anar de mes couilles. Des antifachos de pacotille avec pour grand gourou l’ineptissime Jean-Bernard Pouy et sa grande gueule enfarinée.

Le seul petit roman que j’ai jamais publié sur papier, c’était chez Baleine. Si je suis entré en internet en 2001, c’est à cause de Baleine. Ou plutôt grâce à, vu que je m’en porte mieux depuis. La littérature se passe très bien de papier, d’encre et de maquereaux. Avec leurs contrats pourris à sept pour cent sur le prix de vente hors taxes, je ne vends pas mon cul et encore moins la pulpe de mes doigts.

Parce que c’est ça, l’anarchisme libertaire à la Pouy : une putain d’arnaque, et pas que financière. Idéologique, surtout et avant tout… parce que si ça les fait chier de voir Brigneau publié dans leurs collections, ils trouvent parfaitement normal qu’un ex-terroriste − Cesare Battisti − y figure, et ne jurent que par des auteurs outrancièrement fachos comme Louis-Ferdinand Céline, ou encore ouvertement antisémites tel le fut Léo Malet.

J’en ai plus que ma claque de ces fumistes pour qui la littérature se résume à du copinage, à exhiber leurs gueules dans les salons littéraires et à se passer la pommade sur le gland.

Rue89 s’est fendu de pas moins de deux articles en deux jours à ce propos ; un du sinistre Hubert Artus hier (cliquer pour aller le lire) et un autre ce matin de Francis Mizio, qui est un mec sympa ayant eu lui-même à pâtir des pratiques crapoteuses de Baleine − avant qu’ils ne soient repris par les éditions du Seuil. (cliquer pour le lire).

Le pontifiant, stalinien et chiantissime Didier Daeninckx a lancé une pétition à laquelle les auteurs de Baleine et du Poulpe sont censés signer. Alors déjà un : je n’ai pas été contacté par ce type, et deux : je me torche avec sa pétition. Obéir à la médiocrité, non merci. Qu’ils aillent se faire mettre, ces connarchistes, tous autant qu’ils sont ! je suis pas de leur petit monde étriqué et c’est pas demain la veille que ça viendra.

Des éditeurs de rien du tout, qui ne méritent pas cette qualification, voilà ce qu’ils sont. Je vais vous montrer leur travail. Voilà la seule et unique remarque soulignée au rouge que Baleine m’avait faite avant le bon à tirer de mon petit Poulpe (Pour Cigogne le Glas, cent soixante-troisième de la collection) :

 

« À son grand soulagement Paulo se gara sans encombres sur le parking d’un immeuble pareil aux autres, six étages de ciment sonore avec des airs proprets vite démentis par la crasse et l’odeur agressive de la cage d’escalier -car l’ascenseur était en panne. Le Sanglier habitait au cinquième avec sa femme Zita, une Portugaise d’au moins cent vingt kilos et une portée de mioches pétulants et rentables au point de vue des allocs. Une douzaine de döner-kebabs fumants se trouvaient sur la table, destinés à nourrir la tribu. »

Je décrivais une scène vécue chez voisins du dessus de chez ma frangine… mais chez les gauchos de mes deux il ne faut pas écrire que des salopes vulgaires pondent des marmots pour le pognon. Ça la fout mal. Le bouquin est paru avec la phrase. C’était ça ou merde.

Le sauvage ne s’abiboche pas avec les vieilles chaussettes civilisées. Ils les fourre à la benne et va s’en acheter des neuves.

Le Net, c’est l’Écriture !


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Tout à Vrac

Petit pays, petit continent, petit monde.
On est bien, là. Que là.
Surtout qu’on n’y vienne pas nous emmerder ou tenter de nous en dénicher.
C’est qu’on mordrait, pour un peu. Un peu beaucoup même.

On jetterait dehors et bouterait à terre
hors du pays. Petit pays si grand.

 

Je marche au pied du poteau levant les yeux sur le nichoir : j’ai bien saisi que ses hôtes sont hostiles.
Ils ont un drapeau et des lois qui sont leurs et pas miennes.
Bien obligé, en passager.
Ils veulent rester entre eux, grand bien leur fasse : je me pousse, comme ça ils n’auront pas besoin.
Ils sont foutus partant battus, les gros moineaux là-haut et ils le savent.

Ils se font un barouf d’enfer pour le baroud dernier dans le chahut du siècle qui signera leur terme.

Le nationalisme se taira pour de bon avant cent ans.
Tout cela ne voudra plus rien dire et déjà maintenant, alors que l’Ère du grand Méli-Mélo bat son plein.
L’air de rien, pointant le bout de son museau, soyeux joyeux.

 

Ah oui dans un petit siècle… je vois ça en voyageur jamais rebuté par la distance.
Ils auront l’air fin de ceux des musées de cires, les aboyeurs d’identités primaires à l’œil vitreux criant que c’est bien mieux chez eux.
Tu parles : ils seront sur leur perchoir à la ménagerie du jardin d’acclimatation de la connerie et les enfants futurs leurs jetteront des miettes.

 

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Dans les brancards

 

lamorille me demandait hier :

− sont-ce bien les mêmes qui nous assènent à longueur de post et de « billets » qu’ils conchient le politiquement correct ? »

− Oui oui ce sont bien les mêmes qui sont incorrectement soumis, alors que nous on est correctement insoumis.

Et Homère écrivait un peu plus tard sur le même fil :

« C’est de la schizophrénie contemplative et nombriliste, un syndrome fort courant chez les gens fort banaux… On nage en pleine médiocrité, pas étonnant hein, c’est la marque de fabrique de HS. Tous ces gens qui ne feraient pas de mal à une mouche, incapables qu’ils seraient, mais à cause desquels en vérité, les pires saletés se produisent. »

On était pépères à déconnologuer sous le dernier billet de Hugues Serraf1 à penser à tout ce genre de choses quand je me suis dit : toi mon coco, faut que tu pondes un truc sur le sujet. Comment ça se peut que les insignifiants aient ainsi le vent en poupe ; les pleutres et les trouillards, les escouillés et désovarisées consentants, dont Hugues Serraf est un parfait représentant. Point d’interrogation.

On est tous des esclaves, fors les maîtres et le but de l’esclave moderne ne semble plus l’affranchissement, mais l’amour du collier de plomb2 ; c’est désolant.

C’est cette doctrine qu’on entend prêchée par des régiments de clones de Hugues Serraf, partout. Ils sont heureux et comme le dit Homère : ils craignent à mort. Parce qu’ils sont légion et que cette légion, on la connaît trop bien ; elle a tant fait de mal déjà dans le passé, la milice des ilotes heureux de leur enculage et satisfaits de la pommade rectale offerte si gentiment par la main de leur saint patron ; celle-là même dans laquelle ils se délectent à manger la pâtée tiède qui compose l’ordinaire.

S’abdiquer en toute connaissance de cause et railler ceux qui ont renoncé à l’avilissement, c’est tout ce qu’ils savent faire… et on les voit partout ces freluquets triomphants caracoler sur leurs petits vélos, bien rangés sans une mèche de tignasse qui dépasse ; impeccablement calamistrés du chevelu poussant en leur for intérieur.

Je ne suis pas comme Hugues Serraf et ses copains pied-tendre : avoir la plante calleuse me semble être une très noble vertu humaine et ne pas admirer le joug, une qualité essentielle. Ceux qui glorifient leur propre déchéance sont les êtres les plus dangereux du monde ; dans leurs rangs se recrutent les sbires des tyrans de tous les temps qui justifient par la félicité concon de leurs admirateurs, leurs  pratiques inhumaines et leur lois scélérates… que je me fais un plaisir de combattre depuis que j’ai des poils au couilles.


PASCAL HÉNI (of Bollywod) - Johnny D'jono

Tout sur Pascal Héni ici


 

  1. Qui a viré l’intégralité de nos commentaires.
  2. Les esclaves de l’antiquité portaient un collier de cuivre ou de plomb scellé
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Anatomie de l’Anémone

− Passe-moi le sel.

− T’es manchot ou quoi ? plus feignasse que toi tu meurs. Respire un bon coup : le sel viendra tout seul en courant. L’espoir fait vivre.

− Il est bien, le nouveau fauteuil… mœlleux et tout…

− …sauf que tu vas encore me le dégueulasser en moins de deux, à bâfrer en en foutant partout. Comme l’autre. Six mois il aura duré avant qu’on le vire à la benne. On n’avait même pas fini de payer le crédit. On va encore avoir les huissiers au cul.

− Faut dire que rose clair c’est salissant. Le poisson gras, ça tache en profondeur et pour le ravoir, tintin. Espérons que bleu électrique, ça résiste plus longtemps… parce que c’est pas avec la crise du plancton qu’on pourra s’en repayer un autre de sitôt…

− Y a quoi à la télé ?

− Comme tous les vendredis : poiscaille au self et Thalassa sur la 3.

− Fait chier. Même pas de câble, dans ce trou. Je parle même pas du satellite. Faut pas rêver. Enfin, je me console en pensant qu’il en a des plus à plaindre : ils en sont réduits à sucer des cailloux, tellement c’est misérable dans leur brousse. À tel point qu’ils viennent  jusque chez nous pour bouffer les restes…

− Il reste des crevettes, au fait ?

− Tiens, prends les miennes… ça me dit plus trop depuis l’émission de l’autre jour.

− An bon ? ils en disaient quoi, des crevettes ?

− Que celles qu’on trouve par ici sont importées par bancs entiers de mers lointaines et polluées, et qu’elles sont bourrées de saloperies chimiques et produites dans des conditions inéquitables et pas éthiques.

− Peut-être… en attendant elles sont pas chères et plus grassouillettes que celles d’avant le déménagement…

− …mais moins goûtues, tout de même… enfin : ça se laisse déglutir. Vaut mieux pas savoir, des fois…

− Quand même, ça me fait souci, tout ça… j’vais p’t'êt’ bien voter pour les Verts, le prochain coup…

− Qu’est-ce que tu crois qu’ils vont faire, tes Verts ? rien du tout, oui. Pas plus que les Oranges, les Roses ou les Bleus. Je te parle même pas des Rouges. Berk. Nan nan ma p’tite bobonne : moi je voterai Brun, rien que pour leur foutre les boules, aux squatteurs qui se sont installés sur le rocher d’à-côté. Vont finir pas nous bouffer, je te dis.

Ici c’est chez nous et qu’on vienne pas nous y emmerder ; du moment qu’on a des crevettes qui nous tombent dessus, je me tape du reste.

J’te jure : j’en ai même vu une qui se baladait en burqa, l’autre jour… on aurait dit un sac… pas une tentacule qui dépassait…

[sirènes de police dans le lointain]

 

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Filer doux

 

C’est dedans que ça se passe.

Dehors c’est chaud, c’est sale et les mouches collent aux commissures.

Cagnard-poussière ou blizzard d’enfer via la moite touffeur, chacun selon sa latitude a droit à son lot d’intempéries.

Alors rien de mieux qu’une bonne incruste à la maison en attendant que les éléments daignent se tempérer.

Tel les termites nous passons le plus clair de notre temps à l’ombre ; c’est là que s’élaborent au mieux nos élixirs de sapience, les sucs de notre race.

C’est dedans, après avoir tombé les outils du jour, que les vieux fourbus instruisent la jeunesse des plaisirs et dangers du vaste et tempétueux dehors.

En s’approchant de l’huis on entend de gais babils et puis parfois des rodomontades et des ronflons de grosses voix… et des claquements de dents de lait dans le lointain comme des castagnettes. C’est le son de l’éducation, qui ressemble à s’y méprendre à celui d’une bouteille pleine se déversant  à gros glouglous dans une fiole vide… et plus le niveau monte, moins ça fait de bruit…

***

Homère, post muméro 45839 sous le précédent billet : (cliquez longuement pour aller le lire dans son contexte) :

 

Ce serait un chouette thème de discussion, l’éducation des mômes : comment chacun fait ou a fait avec les siens, et ce que ça donne, et ce résultat, que doit-il − à l’éducation formellement transmise – aux qualités des mômes – à ce qu’ils ressentent de la façon de vivre et de penser des adultes autour d’eux – à la stimulation de leur propre intelligence/curiosité/créativité… etc…

Quand j’explique un truc à la mienne, j’en arrive toujours naturellement à relativiser l’information transmise, en lui expliquant que bon, on pense que c’est comme ça mais peut-être qu’on trouvera un jour une meilleure explication puisque de toute façon il est impossible de tout expliquer. Et ça la rassure vachement de savoir que rien n’est absolument certain.

Pour l’autorité et la discipline, je lui explique que pas de bol, c’est comme ça, je suis le chef et en attendant elle ne peut rien faire d’autre que de m’obéir, même quand je suis très con, et quand je serais décati, ce sera l’inverse…

***

Billet-express de nuit pas prévu au programme, mais vu l’abondance de commentaires sous le précédent, mieux vaut continuer la causette sous celui-ci.

C’est parti.

Top banzaï !

[hurlement de turbines en piqué dans le lointain]


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Sauvage à cœur

Quand tu as vu le sauvage de très près, rien n’est plus pareil.

Pour ceux qui se font manger c’est drôlement vrai, et pour ceux qui sont restés à la juste distance ça l’est tout aussi bien ; un souffle passe qui te remet dans le chemin creux de ce qui est notre tréfonds vibratile, aussi constitutionnel que les amines de notre plus  intime chimie.

Une fois rejoint, le sauvage t’accompagne au fil du temps restant sans te lâcher d’un pas. Tu es cuit pour le civilisé et ce n’est pas si mal ; comme un chat de gouttière qui pique à l’occasion dans la gamelle du gros matou chaponné.

***

Bien sûr ce n’est plus possible de vivre avec ces chats ; ni le sauvage léopard qui fait regimber le grand éléphant sous le crochet du cornac moustachu, ni celui des appartements douillets abondamment garnis de croquettes.

Alors ce sont errance et ruses de Sioux qui t’attendent dans cet entre-deux, pour le restant de tes petits soleils ; plongé dans un monde où ces deux se côtoient et s’ignorent tu gardes tes distances et te tiens, funambule sur un fil les reliant ; ne surtout pas tomber.

***

Le voyageur fait ça : s’élancer et rebondir de sauvage en civilisé. Il n’est jamais rivé, même s’il en a tout l’air depuis des générations. Je m’en rends compte depuis quelques après-midis passées en compagnie de James qui bien que manouche, a nettement moins de bornes au compteur que moi et partage pourtant le même frisson quand nous parlons de nos ailleurs de rêve à l’atelier, au milieu des machines désossées et des écrans scintillants.

Là, nous sommes au cœur de notre craton antique dans la jungle indienne qui nous attire comme un aimant géant et deux léopards rôdent à l’entour. Et quand un client survient nous faisons comme si de rien n’était.

Au dessus de nos têtes les deux matous de la maison roupillent sur le canapé à côté des pots de plantes tropicales attendant sagement leur grande sortie de printemps sur la terrasse.

 

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