Nous en parlions hier sous le billet, la voici. La Journée De La Burne est décrétée. « On dit, on fait. » Et on fait vite : rude règle en rigueur chez les déconnologues. Tout à l’arrache en se décrochant les mâchoires.
La Burne est une maladie affligeant la moitié des vivants organisés. Les organismes primitifs en sont privés ; pas nous autres, complexes créatures. La Burne s’insinue en nous de manière insidieuse ; elle naît en même temps que ses possesseurs et croît avec eux en une symbiose étonnante, mais mortelle. En effet, le porteur de burne semble sain, mais meurt en moyenne plusieurs années avant le femelle – c’est ainsi que sont désignés les chanceux aburniques –, ce qui la classe dans la catégorie des fléaux planétaires.
La Burne est pire que le sida et la peste noire : c’est à elle que l’on doit les guerres qui font vivre les journalistes et mourir les innocents par myriades. Car la Burne est fauteuse de troubles : le poison qu’elle rejette dans le flux sanguin du mâlade le fait devenir fou de guerre. Alors que le femelle ne guerroie jamais. Des études très sérieuses ont amplement prouvé le pacifisme placide de la population saine.
Il faut donc unir nos forces pour nous débarrasser de ce mâle mal. C’est déjà bien entamé : la Burne recède en maintes zones et se réduit en peau de chagrin, se fripant en peau de couille décrépite. Le femelle regagne du terrain, heureusement.
Mais pour cela, il a fallu aux femelles affronter la Burne et la contamination fut massive, hélas. Au lieu d’éradiquer la Burne à l’aide de machettes idoines, les miasmes mâles leur ont sauté dessus. Et maintenant tout semble bien foutu.
Nos savants n’ont pas encore eu l’occasion d’observer la pousse de cotylédons charnus et velus sur les spécimens observés – pourtant très gravement atteints, tel ce fameux Béa O. dont la burnitude fait frémir la sphère bruissante de l’internet français depuis quelque temps. Mais nous pensons que les temps sont proches. Je n’ose prononcer le mot : la fin de l’espèce femelle qui sera notre fin du monde.
C’est en tant que Kondukator que je vous enjoins de ne pas baisser les bras : la Burne maudite doit être vaincue, quoi qu’il en coûte. Nous avons besoin de volontaires : une nouvelle méthode d’éburnage a été mise au point par les équipes que nous soutenons : par ici les braves ! Montrez l’exemple pour La Journée De La Burne !
J’ai dit.
Et banzaï.






Tétanique dimanche
Sur l’internet, d’aucuns nous montrent leurs culs et leur replis intimes grossièrement pixellisés. Des prophètes y annoncent la fin des temps, pandémies et séismes, et des surrections de plaques tectoniques portant des insurrections de masses humaines…
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Et puis il y a le bouton. Tant qu’il est fourni avec, tout va bien. Il suffit de tourner le bouton et plus rien. C’est facile : je l’ai fait aujourd’hui. J’ignore à peu près tout du vaste monde et un calme impérial règne à la cuisine. Je n’ai pas envie de faire les yeux effarés à la vue du sang qui coule de par le monde. C’est dimanche : trêve et rêvasserie.
J’ouvre un œil et sirote le café au lit. D’abord voir mes amis robots martiens : le malheureux Spirit est ensablé depuis des mois terrestres mais il vit. La sonde Cassini dévoile les drapures ondulées des anneaux de Saturne, imperturbablement.
Direction l’Ici-Blog. Plein de messages. Salut le monde ! Surtout ne pas lire le courrier : c’est dimanche. Une cliente ne sait pas que c’est dimanche : elle téléphone à l’atelier et je décroche et la tance vertement… mais enfin madame : c’est dimanche !
Il ne se passe rien d’autre le dimanche que les retombées du samedi. Le samedi, on s’est excités comme des puces alors on se repose le lendemain en ne tournant pas le bouton. Je fais un petit tour sur Rue89, sans conviction : la colonne des articles du dimanche est comme suspendue : rien ne s’y meut ou quasiment. Les copains s’amusent gentiment à charrier quelques psychorigides et je savoure leurs bons mots. La mordeuse de service est en forme aujourd’hui : pour Béa Ouanne, le dimanche est un jour comme les autres.
Trois points de suspension avant l’ouverture en grand des vannes du lundi…
Ce billet est dédié à Hélène Crié-Wiesner et à tous les rienfouteurs béats du dimanche.