« Une ‘bonne’ guerre et ça ira mieux ; c’est un truc que j’entends de plus en plus souvent… et pas forcément sur le ton de la plaisanterie. Est-ce à dire qu’il y a de plus en plus de cons…
Ça craint ! »
Al Nasr dans la discussion d’hier.
Bien sûr : les cons croissant au même rythme que le reste de la population, nous sommes mal barrés ; il va falloir s’organiser rapidement sinon foutu. Car ils sont non seulement la majorité, mais les tenants et les aboutissants de nos sociétés. Nous ne sommes rien face à ce flot ronflant de cons s’enflant.
J’ai toujours pensé que la normalité, c’est la folie : ainsi il est normal de faire la guerre, voyez vous. C’est normal parce que lié à notre animalité même : l’instinct de territoire et l’estomac vide, le plan sempiternel que nous trimballons probablement gravé au tréfonds de nos gênes.
Pourtant rien de plus fou que faire la guerre, tout le monde en convient bien, fors les cons. Et encore : le con de base n’aime la guerre que sur un écran ; devant un micro ou s’il est sondé par des esclaves téléphoniques, il jurera ses grands dieux qu’il n’aime rien de mieux que la paix, dont il ignore tout, puisqu’il passe sa vie à subir sans se battre et que ça l’agite de secousses nerveuses. Roger Velu combat sa peur avec des gélules bicolores. Il compte ses gouttes comme d’autres leurs cartouches et dompte sa frayeur ennemie en saignant tant il rase les murs crépis rêche.
Tout est axé sur la guerre pour le Roger Velu occidental et comme il n’en a pas à portée, il s’en fabrique dans sa petite tête. À la télévision il s’éclate en matant les corps basanés atrocement mutilés couverts de mouches dans les conflits lointains comme not’ Ben85 devant son match de foot, et s’étripe sur les forums de la presse-internet dans les fils de discussion traitant du conflit proche-oriental, dont les articles sortent d’ordinaire avant le week-end, augurant pour le déconnologue de bien joyeux moments de lecture.
Car le déconnologue ne va pas-t-en-guerre. Il fait quelques tours d’auto-tamponneuses avec ses potes et s’achève en gros pogo. En ce faisant il réduit le Roger Velu géant à néant et arrête son char.
Net.
Ce billet fait suite à celui qui aborde le « Roger Velu » au début de la fameuse affaire lamorille l’an dernier : CLIQUEZ FORT POUR ALLER LE LIRE.


Au doigt et à l’œil
L’une repasse, l’autre pas. Il se repose de la chasse alors qu’elle s’affaire à des vétilles requérant son instinctive minutie. Nous les laissons chasser la poussière et les moutons, en grands seigneurs.
Jamais elles ne se rebiffent contre la Domination masculine, ou alors on les déporte en Calédonie comme Louise Michel. Elles partent de l’excellent principe qu’elles sont heureuses quand nous sommes heureux et rêvent tout rose.
***
Je sais : c’est complètement con. Mais il y a bien plus con : ce qui se passe dans le siècle et qui se lit dans les journaux et fait bouillir les foules. Les sexes qui se font encore et plus que jamais la guerre au lieu de pactiser langoureusement, par exemple. Comme si ça n’avait pas déjà changé en profondeur, comme s’il ne s’était rien passé depuis cent ans au moins. Comme si Shanti allait passer sa vie à repasser à l’imitation de ses aïeules. Tu parles. Annie a fixé la scène parce qu’elle est plus exceptionnelle que l’éruption du Plomb du Cantal. La première et unique fois en dix-spet ans.
Je lis des trucs dans les journaux, parfois, qui me laissent sur le flanc : un mec qui tourne un film anti-mecs. Et cet étrange ultra féministe est menacé par des masculinistes canadiens ; il l’écrit sur son blog. Mettez-vous à ma place : j’ai beau scruter l’horizon puycitien, je ne vois nulle baston intersexes et pas la moindre burqa.
Je me dis que les fous vivent dans un autre monde, où les rouages vont à l’envers et s’entrechoquent en grinçant.
Ce billet est dédié à Camille de Rue69, avec un clin d’œil.