Ça coûte de bien les dresser, mais le résultat est là qui me fait glousser d’aise. Le vieux coq en moi frétille à l’idée que les Pères défunts puissent apprécier de me voir perpétuer ainsi l’antique tradition qui fit la grandeur de nos civilisations. Puisqu’elles ont toutes en commun d’être tombées d’accord sur le destin et les tâches impartis aux deux sexes.
L’une repasse, l’autre pas. Il se repose de la chasse alors qu’elle s’affaire à des vétilles requérant son instinctive minutie. Nous les laissons chasser la poussière et les moutons, en grands seigneurs.
Jamais elles ne se rebiffent contre la Domination masculine, ou alors on les déporte en Calédonie comme Louise Michel. Elles partent de l’excellent principe qu’elles sont heureuses quand nous sommes heureux et rêvent tout rose.
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Je sais : c’est complètement con. Mais il y a bien plus con : ce qui se passe dans le siècle et qui se lit dans les journaux et fait bouillir les foules. Les sexes qui se font encore et plus que jamais la guerre au lieu de pactiser langoureusement, par exemple. Comme si ça n’avait pas déjà changé en profondeur, comme s’il ne s’était rien passé depuis cent ans au moins. Comme si Shanti allait passer sa vie à repasser à l’imitation de ses aïeules. Tu parles. Annie a fixé la scène parce qu’elle est plus exceptionnelle que l’éruption du Plomb du Cantal. La première et unique fois en dix-spet ans.
Je lis des trucs dans les journaux, parfois, qui me laissent sur le flanc : un mec qui tourne un film anti-mecs. Et cet étrange ultra féministe est menacé par des masculinistes canadiens ; il l’écrit sur son blog. Mettez-vous à ma place : j’ai beau scruter l’horizon puycitien, je ne vois nulle baston intersexes et pas la moindre burqa.
Je me dis que les fous vivent dans un autre monde, où les rouages vont à l’envers et s’entrechoquent en grinçant.
Ce billet est dédié à Camille de Rue69, avec un clin d’œil.



Radical Imago
Ça ne trompe pas : tout s’exacerbe, gêné aux entournures, craquelant.
C’est clos et dans un pot, devenu sourd et effréné, à tombeaux ouverts vers l’étroiture : droit dans le mur.
Aux idéaux a succédé la bête idéation : production des pensées comme sucs épigastriques ou saucisson.
Il reste des cultes de tous ordres, pas seulement religieux ; les partis politiques mués en temples à fétiches alors que les églises se barrent en figues pétrifiées : mythes et mites dans le même sac.
Dans l’ère de l’Objet chaque chose est d’abord étripée de son sens, dorée à l’or fin et sacralisée. Nous hissons aux podiums : le Général, Jaurès, Proudhon, Maurras, Trotski, Bénabar et le yaourt au lait reconstitué en promo chez Leader Price. Les classes supérieures sacrifient à Danone.
Écoutez un socialiste chanter l’Internationale et voyez son poing levé.
Entendez les hauts dignitaires du panthéon chanter les louanges de l’amour.
Voyez comment partout on se saigne aux quatre veines pour des vieux dieux, la démocratie, le veau élevé sous la mère pour tous, le droit à la croûte et l’encroûtement au bout du compte.
J’allais oublier la race − on dit la souche désormais − : cul de tronc sec aux racines cariées, sans suc et sans sève. Des branlotins secouant hargneusement leur sexe face à l’armoire à glace en admirant leur teint de lait (ou d’ébène, ou leurs pilosités auriculaires).
Hé oui, nos civilisations sont en grand danger : le joli printemps plonge ses racines au cœur de ce tas de fumiers.
Entre nous : il n’y a pas de quoi pleurer.
Butinons les décombres !
Billet pouvant contenir de vrais petits bouts de papote du coin du zinc dedans.