Le 7 mai 2007, rue89 démarrait. Dans l’après-midi du 10, Dul y postait son premier message. C’est ainsi qu’il est devenu le deux cent cinquantième commentateur de ce journal, et probablement le plus ancien encore en exercice – jusqu’à ce jour.
Aujourd’hui, après avoir poireauté sept semaines et relancé les responsables plusieurs fois, son compte est enfin supprimé avec l’appui redoutablement efficace de Hulk, qui l’avait déjà fait pour Banana ici : CLIC
Avec Hulk, ça ne fait pas un pli. Confiez-lui les clefs de votre compte de blogueur à détruire, et son sens inné de la solidarité gauchiste le fera se coller aux manettes pour n’en point décoller jusqu’au parachèvement de sa mission.
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Pourquoi ce rituel ? Après tout, il n’est pas nécessaire ; il suffit simplement de ne plus y écrire, si on ne ne s’y sent plus à son aise. Mais bon : nous autres humains aimons la pompe et le cérémonial. Je déteste me retirer sur la pointe des pieds : quand ça ne le fait plus, je me lève en renversant la chaise et m’arrache en claquant la porte.
Là, ça ne ne faisait manifestement plus du tout pour quelques uns, depuis la mi-août. Chacun pour ses motifs ; l’idée flottait. Pour Dul et les autres je ne sais pas ; la boule de cristal ne montre rien.
Le sentiment de la lente érosion de ce qui m’y avait amené. Et puis ce fumet d’entourloupe, certes ténu mais finissant par imprégner la moelle, à la longue. Le plan classique de la démocratie participative façon Gogolène. L’Info à trois voix, voyez-vous ça…
Je suis tombé dessus ce soir, en me documentant. Lisez-le : son auteur – Michel Lévy-Provençal – a co-fondé rue89. Il dit ce que je ressens dans ce billet : CLIC
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Les commentaires de rue89 sont lisses et polissés, bichonnés comme des caniches maintenant. Parfois, une bulle éclate dans le marais. De moins en moins souvent. Comme des jardins à la française : de l’art topiaire pour les humains. C’est la spécialité du temps : taille et calibrage. À la machette s’il le faut, et les pavés rincés soigneusement au nettoyeur à haute pression.
Une fois cela su et bien su et le grand tour des lieux effectué, nous savons ce qu’il ne faudra pas faire : Hors-Sujet sera totalement différent. Il n’y aura pas de salle de rédaction, déjà.



À table ! (par Hulk, GCDD)
A Tavola !
Sur fond de musique d’ascenseur :
− Grande frite ou normale ?
− Grande, et de la mayonnaise.
− Crounch crounch crounch bave crounch
− Pardon m’sieur, ça vous dérange pas si je passe la serpillière ?
− Regarde un peu ce sans-gêne qui part sans jeter son plateau, ah là là, les gens n’ont plus d’éducation.
Sur fond de Mozart :
− Monsieur et madame ont-ils fait leur choix ?
− Certes oui, nous prendrons le tartinzoin au bituroscope, puis la guazidouille à la sauce trépassante aux petits zigouïgouïs. Puis vous me baillerez la carte des vins.
− Bien monsieur, excellent choix. Notre sommelier vous conseillera notre Château Selapaite 1978 qui sera parfait avec la guazidouille.
− Regarde un peu ce vendeur de bidet vulgaire avec cette fille de trente ans de moins que lui, ça doit être une pute, mon dieu mon dieu mon dieu.
Sur fond de vociférations klaxonnatoires :
− Putain, mais il va marquer le nègre à la fin !
− Bah, avec Domenech au cul, aucune chance, on est foutus, la France est foutue…
− Je suis pas d’extrême droite, j’ai même des amis gauchistes, mais faut reconnaître que le Pen ne dit pas que des conneries, et pas qu’en matière sportive…
− Ouais, Maurice, remets nous donc une tournée de cacahuètes et du saucisson, et deux pintes, faut qu’on soit prêts pour la seconde mi-temps.
− Eh regarde les deux qui bouffent tout en silence au fond de la salle, on dirait qu’ils nous prennent de haut, non, à pas aimer le foot ; ça m’a l’air de deux beaux pédés ces deux-là, on va aller leur demander qui ils supportent tiens, et on leur fera la bite au saindoux s’ils savent pas.
Sur fond de Petite Musique d’Ici-Blog :
Un beau bordel autour de la Grande Table. Ici, c’est pas compliqué, la bouffe est collective, à l’orientale : régulièrement, le taulier concocte une recette originale qu’il offre bien fumante dans une grande marmite (en fonte noire) au milieu de la Grande Table. Les habitués arrivent à l’heure qu’ils veulent, avec leur manger aussi, et chacun picore ce qui lui fait envie, sous le regard placide et attendri du patron, le sieur Cyp, dit Cypounet pour les habitués, ou Kondukator Kosmoplanétaire pour les inadvertants qui se sont trompés de crémerie.
Ça sent le tabac, parfois le tabac fourré, mais ça ne fait gueuler que l’hygiéniste empaillé qui pend au dessus de la Grande Table pour tenir éloignés les vampires, les cancéreux du cul et autres fâcheux.
Parfois, en mélangeant leurs ingrédients, quelques convives inventent une recette dont en toute modestie ils jugent que par son génie elle devrait révolutionner l’humanité façon Copernic, et ils vont alors perfectionner leur brouet dans une alcôve tout équipée préparée spécialement à leur attention par l’Homme de la Pampa qui sous des dehors bourrus et barbus veille d’un oeil bienveillant sur son établissement fort bien tenu qui sent encore le plâtre frais…
Ici, on ne croise pas de vendeur de bidets à pute, on ne passe pas la serpillière sous les pieds des convives, et on n’entend pas de glapissements hideux. On est chez tonton Cyp, autour de la Grande Table, et on semble s’y trouver pas mal, vu le temps qu’on y passe.
À table !