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ICI L’ICI

Bip Bip : retour en ligne après panne, L’ici-Blog.

Je m’apprêtais à pondre un nouveau billet hier soir quand pouf : plus rien. Vers onze heures ça s’est mis à ramer grave et passé une heure du mat’ : couic.

Sans doute une panne sur les gros équipements, quelque part dans un bunker climatisé en région parisienne… là où se trouve notre petit serveur, parmi des milliers d’autres.

Or donc mon billet est resté en plan et comme le précédent a dépassé le seuil fatidique des 600 commentaires, il ne me reste plus qu’à trouver le sujet de celui-ci. Facile à dire…

***

Un billet sur comment je fais ce billet, tiens…

Pierre, qui illustre de plus en plus fréquemment l’Ici, est passé hier avec sa clé USB et un grand sac : il récupère mes boîtes de gazouse pour en faire des sculptures. Pratique. Et pour lui et pour moi. On papote un brin, le temps de décharger ses nouvelles illustrations sur la grosse machine de l’atelier et de remplir son sac.

Après son départ, je bosse : deux machines à la fois, comme toujours. Et en bossant dans le bruit des ventilos je pense au billet. Toujours penser au billet, d’un bout à l’autre de l’année, chaque jour.

Là, il y avait ce cendrier népalais en terre cuite, que Pierre avait photographié l’autre jour. Celui de la petite table de travail, accolée à la devanture. Un truc à trois roupies acheté il y a très longtemps à un petit potier de Katmandou. Son repose-clope s’est brisé quand j’ai déménagé de Paris vers le Lot en 85.

Positif, négatif. Je cale les deux images de Pierre sur le logiciel de retouche d’images − Gimp − et j’en fais une petite animation. Trois secondes d’intervalle, 500 pixels de large. C’est prêt.

Et là couic : la panne.

Du coup je me retrouve comme une nouille avec mon cendrier clignotant et je ne sais plus quoi en dire. Hier soir j’avais l’idée mais elle s’est envolée, là.

Aucune importance : l’Ici-Blog n’a pas plus d’importance que ce vieux cendrier au repose-clope brisé à trois roupies.

Deux nouveaux ordinateurs à réparer sont sur les tables de travail derrière moi…  e la nave va.


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La Maison de l’Horreur©

La gare de Perpignan est le centre cosmique de l’univers, Pougne-Hérisson le nombril du monde et la Maison de l’Horreur© de Puycity son sas de téléportation vers la dimension tuttiquantique de la Chose.

Sans Maison de l’Horreur©, point de Bidonnant & Dramatique1 . Parce que d’abord il nous a fallu en chier grave avant d’y habiter : un notaire particulièrement mauvais2 ayant totalement merdé au moment de son achat, mettant notre famille en péril pendant plus d’un an.

Ce douloureux épisode est raconté sur mon vieux site :

http://cypluraghi.free.fr/au_jour_le_jour/jlj2002-07-08.htm

Mais comme toujours c’est la joie qui l’a emporté : on a fini par l’avoir à l’arrachée et en six mois de gros travaux avec notre tribu de vrais amis, on a transformé cette ruinasse tchernobylisée en oasis pimpante.

C’est là que j’ai pris la décision d’abandonner le vieux site et de créer l’Ici-Blog : à nouvelle vie, nouvelle écritoire.

Comme toutes les vieilles bâtisses, celle-ci a son histoire, que j’avais eu la mauvaise idée d’aller raconter au printemps dernier sur le forum de Rue89 (dm)3 :

Lien direct :

http://www.rue89.com/comment/permalink/746848

« De Utilisateur désinscrit à sa demande (Cyp) | 16H06 | 07/03/2009 |

Nous habitons dans une maison maudite, à Puy l’Évêque (Lot) : celle du couple Rebières, qui furent de furieux délateurs à la solde de la Gestapo, pendant la dernière guerre : ils faisaient régner la terreur dans le canton ; c’était le lieu de réunion de la Milice et des interrogatoires sanglants s’y sont déroulés.

Les maquisards les y ont cueilli un beau matin de 44 et les ont fusillés sous le grand pont, tout à côté…

Après, elle fut tour à tout un taudis infect pour les réfugiés de la guerre d’Espagne, puis un squatt… avant de tomber dans l’oubli pendant vingt ans. Ici, on l’appelle « la maison du pendu », pour je ne sais quelle raison.

C’est grâce à cette mauvaise réputation que nous l’avons achetée à un prix ridicule.

Nous y sommes fort bien et nous foutons complètement des horreurs qui y ont eu lieu. »


Tout est véridique dans ce post… mais il y a plus : en 1948 un enfant y est mort, l’œil percé par une flèche − une baleine de parapluie − tirée par un de ses copains, en jouant. Une famille de portugais y a vécu à six dans une pièce sans eau pendant des années ; la tour a servi de baisodrome à la jeunesse dans les années 60… et une douzaine d’autres historiettes que nous ont contées les vieux puycitiens.

Mais il est des gens de nos jours qui n’ont guère plus de morale que le couple de miliciens de la maison de l’Horreur© pendant la guerre… et c’est ainsi que s’est forgé ce mythe fondateur de la Déconnologie pilotique (lamorillienne), parce qu’une paire d’heures à peine après avoir écrit ce post, un troll-kapo multi-comptes nommé Vampirella chiait sa haine sous le pseudonyme de Citrus4 :

http://www.rue89.com/comment/permalink/747104

« à Utilisateur désinscrit à sa demande (Cyp) De multicompte e eee (Citrus) | 19H02 | 07/03/2009 |

Tout s’explique donc !
Ce sont les esprits restants dans cette maison qui t’inspirent…
Elle est bonne celle-là, comme quoi ? Il y a toujours une raison ou une explication à tout !
Et puis, ton côté vénal qui apparaît…
Ces lieux devraient être détruits, et une plaque mise en l’honneur de ceux qui ont souffert sous la torture !
Par devoir de mémoire ! »

Exit les Républicains réfugiés de la guerre d’Espagne… Sur le coup ça nous avait tous bien fait rigoler… jusqu’à ce que quelques semaines plus tard, un gang d’intellos secteux de la gauche empalée5 s’empare de ce post de Vampirella et en rajoute à la louche dans le dégueu :

http://www.rue89.com/comment/permalink/833821

« De jissé Ingé retraité | 23H38 | 28/04/2009 |

Bonne nuit Cyp.
Si ma mémoire est bonne vous habitez tjrs dans ce local « maudit » et pour cela acheté à vil prix pour avoir été utilisé comme local de torture par la milice ? (de mémoire, je ne tiens pas de fichier).
C’est vous qui vous en vantiez.
Faites-y de beaux rêves et pour l’été des vacances à Abou-Ghraïb ?
(Orthographe non garantie).
Jissé »

Peu de temps après, le même Jissé m’accusait de tous les maux :

http://www.rue89.com/comment/permalink/841715

« à dulconte  De jissé Ingé retraité | 11H48 | 04/05/2009 |

Bonjour Dulconte.
Je vous apprécie depuis longtemps (votre arrivée dans le « Coin »6 , c’était sur ma proposition.)
Donc, pas d’hier.
Plus tard j’ai appris que Cyp, alors d’apparence fréquentable, vous avait reçu en famille chez « lui »7.
Il s’en vante assez.
Vous avait-il alors informé du passé de votre lieu d’hébergement ?
Alors maintenant pourquoi vous indigner contre moi de l’apprendre ?
Sur son blog, où je ne vais plus, il se vante – ou se vantait – de monter un dossier me concernant !
Le kagibiste nombriliste semble avoir essayé de tenir parole :
Peu de temps – qq heures – après il y a eut deux tentatives (détectées par ma protection) d’introduction de « cheval de Troie » dans mon ordi.D’habitude c’est rarissime (une fois en deux ans) et il faut être informatichien pour savoir faire ce genre de truc, non ?
Think.
Bonne journée, sais pas quelle heure il est à Manille8.
Tjrs cordialement.
Jissé »

***

524 jours plus tard, ce mythe est toujours entretenu par sa créatrice : l’ignoble Vampirella, à laquelle j’ai consacré un mini-blog − Tique Toc − ainsi qu’à sa copine en folie furieuse Jexiste, mais une fois de plus la déconnologie pilotique a su transmuer la merde en rire philosophal…

***

Et il y a 365 jours exactement, on se retrouvait tous Ici après un splendide piqué en banzaï collectif, suite à un caca nerveux hallucinant© de la censure de la Rue des Mormons : 1200 posts à la poubelle pour des raisons qu’ils trouveront toujours valables et nous jamais :

http://www.rue89.com/comment/permalink/1006319

Parce qu’un forum sans rigolade n’a pas plus d’intérêt qu’un ciel sans le chant des petits oiseaux.

Depuis le 13 août de l’an dernier, 132 billets ont été pondus Ici et 73955 commentaires écrits…

Et le kondukator de la Maison de l’Horreur© n’en revient toujours pas.

Banzaï le monde !

E la nave va…

  1. La plus ancienne devise de l’Ici-Blog.
  2. Élu maire de Puycity entre temps, et toujours notaire.
  3. (dm) peut signifier au choix : « de merde » ou « des mormons », ou les deux en même temps puisque la mormonerie c’est la merde.
  4. Plusieurs d’entre nous la confondaient encore avec sa sœur en contrefaçon Jexiste.
  5. La bande menée par le peintre paranoïde Brogilo et son ami Quinine : des connards frustrés de première.
  6. Un forum privé regroupant des blogueurs de Rue89 (dm) : http://non-officiel89.forumactif.net/
  7. Dul avait passé un week-end avec sa chérie à la maison, lors d’un passage en France.
  8. Dul vit en Argentine ;-)
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L’argent du beurre

Je ne les changerai pas : c’est pas le but de la manœuvre.

Je parle de ceux de Rue89. La Rude Merde, comme je dis. Autant le dire tout de suite comme ça c’est fait : je les surencule au Poteau EDF modèle 621 Et bien, même : avec de la castine de haut-fourneau en guise d’émollient.

Et pourquoi je leur réserve un tel traitement, à ceux de la Rude Merde ?

Après tout je n’ai qu’à les ignorer, non ? n’importe quel censeur sensé dirait ça, tout comme le lecteur de passage. Pourquoi un tel acharnement ? vu que je ne les changerai pas. Personne ne les changera : ils ont un cap et sont fixés dessus.

Personne ne changera le gouvernement actuel non plus, pourtant je tire dessus à boulets rouges comme je le fais sur la Rude Merde. C’est ça, la guerre. Enfin : la Pilotique© de combat bisounourso-rouge-noir, dont l’ennemi juré est le biomormon rose-brun©, engeance pullulante sous le ministère de l’Amour Hygiénico-Nationaliste.

Mais je ne les changerai pas : c’est un fait patent, établi, solide et irréfragable©.

Je suis pas logique : je les déteste et de temps à autre je vais y poster quelques messages. La logique et moi ça fait deux.

Au Poteau 62, la logique !

Si j’étais logique comme ceux de la Rude Merde, je serais un pense-petit et un pied-tendre : un bureaucrate de l’info. Non non : je suis la Troisième Voix. Ou voie, c’est selon. Et par voix-voie2 , j’entends celle de l’aboyeur public arpentant la voirie internétique en cassant les pieds et les oreilles des honnêtes riverains. Le mec qui passe avec sa motocyclette à échappement libre à trois heures du mat’ ; celui que t’as envie de lui balancer une cuvette d’eau froide sur la gueule au passage.

Le gars qui ne changera pas la façon de vivre des locataires et des proprios assoupis, mais les agace avec son fumôt douteux : le pounk. Pas celui qui frappe le mur de son poing jusqu’à ce que ça saigne comme ils le pensent certainement, dans la Rude Merde.

Non : le satyre ithyphallique de la satire. Le gros niqueur des petits chroniqueurs mornichons.

Celui qui dit : ils veulent le beurre et l’argent du beurre dans la Rude Merde et ils n’auront ni l’un ni l’autre.

Celui qui avec les popains-popines de la Meute de l’Ici-Blog, pointe sans relâche la démence camouflée sous le masque de carnaval de certains commentateurs considérés comme sains d’esprit par ceux de la Rude Merde. Or, on l’a tous constaté depuis longtemps et jusqu’à pas plus tard qu’hier : les dingopathes© courent la Rude Merde et hantent ses catacombes3. Au point que j’ai consacré un mini-blog dédié aux deux des pires parmi les pires : Jexomil© et Pipirella© et que j’envisage la création d’un Observatoire National du Brogilo4 et de la Béaouane5 …voire d’un Institut de Trollogie Pathologique.

Ce que ne peuvent pas comprendre les tâcherons de la Rude Merde − ils me l’ont écrit −, c’est pourquoi j’y reviens, dans leurs catacombes, alors que je sais très bien que les fils de discussion enflammés sur lesquels j’écris seront ratiboisés.

Je vais leur dire : vous autres de la Rude Merde ne pouvez pas comprendre, parce que vous n’êtes pas nés avec l’internet et ses forums. Moi si. Vous ne saurez jamais apprécier la quintessence d’un fil de discussion sur le tranchant du rasoir. Moi si. La vraie vie de l’internet se trouve là, pas ailleurs… sur ces fils éphémères et promis à la destruction.

J’aime les squatts pleins d’artistes pounks, et les rats de catacombes détalant entre mes sales pattes.

Vous ne pouvez pas comprendre et ça n’a strictement aucune importance : je ne cherche pas à vous changer : je vous raille parce que vous êtes risibles… et que le Rire est le propre de l’Homme.

E la nave va…


  1. Tout déconnologue distingué connaît l’histoire de not’ Poteau-culte ; les autres n’ont qu’à se démerder seuls.
  2. Ouah ! Ouah !
  3. © Pascal Riché.
  4. Champion incontestable du multicomptisme haineux compulsif paranoïde.
  5. Kilomètre-étalon de la Pensée Confuse rose-brun.
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100 Déc’

« Bidonnant & Dramatique »

Longtemps, ce fut la devise de l’Ici-Blog qui ne s’appelait pas l’Ici-Blog, mais le Blogacyp. Et puis j’ai viré la devise, comme j’ai viré le mot « écrivain » de devant mon nom, sous l’enseigne.

Longtemps aussi j’ai écrit sur des grands forums : d’abord sur Minitel1, puis sur les antiques newsgroups de Usenet2 et enfin sur Internet il y a neuf ans avec le Sitacyp. C’était pas terrible, le premier internet. Là c’est un peu mieux : on peut commenter les conneries du Kondukator de service directement, juste en dessous du billet.

Un billet + des commentaires = un blog. Simple.

Je m’y suis mis en 2006. Au début c’était mon petit camp de base et j’allais me dégourdir les papattes sur les grands forums3  par périodes − toujours intensément. Mais toujours fermement basé Ici, où j’adore mitonner mes petites priapées tragicomiques.

Et puis j’en ai eu marre des grands boulevards alors depuis 100 billets et 301 jours je suis Ici et pas ailleurs4 …et l’ailleurs a déboulé Ici en masse compacte et bien que je me sois dit que ça n’était qu’un feu de paille, je m’étais planté : ça ne débande pas.

Évidemment il faut alimenter la machine : au bout de quelques centaines de commentaires, ça rame comme on dit. La page a du mal à se charger… on patine dans le miel au ralenti… mais malgré cette lenteur, ça continue à papoter comme si de rien n’était. De tout on cause, jamais de rien.

Rien n’est plus chiant que le rien. L’insignifiant ; le rien d’un débat télévisé avec un ancien ministre fossilisé et un philosophe sans le moindre comédon pour accrocher nos regards vides. Autant commenter la météo, comme nous le suggérait not’ Prophète Numebert VI5 : c’est mieux que rien.

J’ai aimé les grands forums parce qu’on y rigolait considérablement ; mais ça s’est réduit en peau de chagrin, aux commissures.

Dans pas longtemps en France, il n’y aura plus que des blogueurs gentiment alignés et triés sur le volet ; il faudra une carte d’accréditation ou quelque chose dans le genre.

Il faut pas déconner. Fini la rigolade.

À mon commandement : commentez !

Repos.

Tu salues tes popains sur le forum après ta journée de boulot : pénalité ! hors-sujet ! deux points en moins. Circulez.

T’envoies bouler l’aut’ folle qui te colle au train avec sa parano et croit dur comme fer que la mafia et les trotskistes veulent l’assassiner ? Signalé ! À dégager !

Tu dis sans penser à mal des gros mots genre bougnoule, négro, enculé, tarlouze et que sais-je encore qui donne du goût à la langue et tu pratiques le second degré : éliminé ! en Sibérie direct !

***

Alors voilà : Ici c’est le fameux Café du Commerce de l’internet.

Ce lieu mythique que les blogueurs sérieux raillent le nez pincé, domaine obscur des abominables digresseurs et des Intouchables déconnologues6 ; le troquet dont on pointe du doigt les clients au comptoir en se moquant d’eux en douce, quand il ont le dos tourné. Gros cons de droite et petits cons de gauche le coude sur le zinc, à siroter en chœur. Tu parles d’un spectacle.

Le truc rigolo planté dans le mur gris : c’est Ici.

Ici on peut. Alors j’Ici, j’y reste.

E la nave va…


  1. Dès 1978, une amie strasbourgeoise ayant possédé un des 150 premiers terminaux.
  2. L’ancêtre d’Internet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Usenet
  3. Principalement le défunt blog de campagne de DSK , puis sur Rue89 (de merde).
  4. Ou si peu que ça compte pas ;-)
  5. l’Homme au Camille d’Or.
  6. Qui sont souvent les mêmes.
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Cyp Unplugged

Allez hop : je débranche tout pour brasser du mot comme ça vient.

[scansion de chants sioux en fond sonore]

Les temps changent mais ça ne se sait pas ni ne se voit, ni ne se constate :  la peau épaisse et les roides oripeaux forment coriace carapace. Et pourtant : sous le caparaçon clinquant il n’est que misérable haridelle.

Plus rien n’est déjà comme avant ; cet avant que tant et tant persistent à croire toujours vivant.

En fait il n’y a plus que vers qui grouillent et des gens qui se dégrouillent en agitant leurs membres sur un corps en état de mort avancée.

J’aime quand ça craque aux entournures : ce son de grand vaisseau changeant de cap ; ces claquements secs de tôle et ces grincements de vieux bois : nouveau monde en vue.

***

Je trie les pièces à l’atelier : barrettes de mémoire vive, cartes-mères, processeurs, disques durs. Petit brin de ménage : fin prêt pour l’accueil des clients ; porte grande ouverte sur la rue ; allumage du bâtonnet d’encens rituel ; la grosse machine ronfle déjà de tous ses ventilateurs. Une gorgée de café puis une clope. Calme comme un lundi, comme on dit.

***

Et pourtant ça s’agite, je vous dit : dans mon ciboulot comme partout ailleurs dans le monde. Un hémisphère cérébral occupé à établir un devis pour l’apiculteur du coin dont la machine a été foudroyée par le dernier orage, et l’autre à gamberger sur le sujet de ce billet : le quatre-vingt dix-neuvième depuis le 14 août de l’an dernier, date du début de mon retrait progressif des grands forums de l’internet.

Rompant amarre après amarre, je fais voguer l’Ici-Blog sur une mer d’électrons libres, loin des réseaux sociaux et de tout le tintamarre à paillettes qui me blesse désormais les yeux, rivés sur le grand large à l’horizon fuyant. Où va l’esquif ? pas la moindre idée, mais il y va gaillardement sans se poser de questions.

Je sais ce qu’il quitte par contre : le monde des faux ; faux-culs et faux semblants ; l’eau tiédasse et croupie du petit marigot et les tristes pions dansants du vilain bal masqué.

***

Dans un monde suffocant tout bien droit et à l’endroit, je fais tout à l’envers et dans la démesure, rebroussant le poil quand tous les autres le caressent dans le bon sens et la mesure. Être insensé dans une société sensée et chiante comme la mort, c’est ça le truc ; ça marche à tous les coups.

Quand je vois que quelque chose déconne grave de chez grave, je fais son contraire ; un peu à la manière des Heyokas chez les Lakota1 : ces chiens fous à la fois clowns et chamanes qui font tout à l’opposé.

E la nave va…

 

[bris de banquise]

***

Bonii :

Pour m’dame kk et tous ceux qui aiment la grande Nina :

NINA HAGEN - TV Glotzer (White Punks on Dope)

Cliquer pour écouter.

Et pour Homère :

THE TALKING HEADS - Road to Nowhere

Cliquer pour écouter.

  1. Les Sioux ; c’est leur nom véritable.
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Un roquet au troquet

Après le temps des Roger Velu, voici venu celui des Roquets Villeux, triste légion glapissante par les temps qui courent.

Nous avons eu droit à un de ces aboyeurs confus ces derniers jours sur l’Ici-Blog, en la personne de batilalehuns alias Batila sur Rue89 1 et Évariste Cacabouilla dans la vie du dehors .

Or donc ce minus habens indigent de la comprenette qui m’avait roulé dans la merde dans un de ses posts récents sur ce journal populiste2 a déboulé Ici en jappant nerveusement.

Il en a pris pour son grade et nous avons copieusement rigolé en sa canine compagnie − lire les commentaires du billet précédent. Lui, ça ne l’a pas fait rire… mais pour le dérider il faut sans doute l’empaler sur un godemiché comaque ou le retourner sens dessus dessous afin d’apercevoir enfin un faible sourire poindre à ses commissures. Car ce fâcheux petit bonhomme nous cherche noise et menace d’aller au commissariat de son arrondissement pour y déposer une main courante.

Ayons donc toutes et tous, Joyeux Déconnologues Ici assemblés, une pensée pleine de compassion pour le planton de service un dimanche du joli mois de mai, qui verra débarquer cet ahuri à son guichet, lequel exigera de ce malheureux fonctionnaire sous-payé l’inscription d’une requête démente, à savoir que plusieurs d’entre nous ont insulté son pseudonyme, ont fait des jeux de mots débiles avec et l’avons raillé en bande déconnante.

Mon ami Titou qui est simple flic, me fait souvent bien marrer en me contant les histoires de plaignants gnangnans qui l’assaillent de toutes sortes de doléances plus farfelues les unes que les autres. Faut bien qu’ils s’amusent un peu, nos gardiens de la paix.

Nous aussi : on va pas se prendre le chou plus longtemps avec des roquets imbéciles : alignons-nous derrière le zinc : la patron du troquet offre la tournée générale.

[bruits de verres entrechoqués dans le lointain]

 

  1. Torchon merdique en ligne où je n’écris plus depuis un bail.
  2. Bas de gamme et totalement dénué d’intérêt pour mes épluchures
Publié dans Billet de l'Autre, Déconnologie | Autres mots-clefs : , , , , , , | 514 commentaires
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