Sérieux : on n’a pas à se plaindre ; concentrés on appuie sur des touches et des boutons et de l’autre côté de l’écran ça s’agite, ça couine et ça détonne. Des elfettes gambillent et des trolls velus se font épiler ; de vieux sages sauvent la mise.
Sous la table le matou Cachalot dégomme des croquettes en plein roupillon. Les filles pouffent de rire dans la pièce au dessus ; allez savoir pourquoi ou encore mieux ne cherchez pas : du lever au coucher on se bidonne à fond les manivelles dans not’ maison de l’Horreur© pleine de kondukators et de kondukatrices ; nulle explication rationnelle à ce joyeux sabbat…
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Idem pour l’Ici-Blog : y a pas de quoi pleurer souvent en lisant les commentaires ; pas besoin de tendre l’oreille pour ouïr fort et clair le tohu-bohu réjoui s’élevant du gang des Folichons depuis cinq mois bien révolus qu’on se retrouve Ici, déconnologues tous autant qu’on est jusqu’au tréfonds de notre tripaille désoxyribonucléique la plus intime − celle bien planquée entre les atominets.
La plupart d’entre nous se sont rencontrés sur le forum de Rue89 où y avait la bonne ambiance dans un temps pas si ancien, mais comme c’est plus tellement le cas de nos jours alors c’est chez moi qu’on squatte. Simple. La maison est ouverte en permanence et il y a largement de quoi nourrir et abreuver son monde à la cambuse ; le cuistot a le nez collé sur ses gamelles et ça mitonne au propane sur le piano.
Nonobstant, l’Ici-Blog n’est pas une annexe de Rue89 ni une loge discrète de ses aficionados : c’est d’abord et avant tout un speakeasy internétique en temps de Prohibition. Un tripot en plein air où les voyeurs sinistrés de la Tristouillerie peuvent tâter le fumôt fluté de nos concerts de pétomanes et savent pertinemment qu’en s’osant à quelques lignes Ici, ils se feront dévisser la tête et chier dans le corps à ras-bord dans la rigolade générale.
C’est dit, c’est édicté et c’est plié dans la foulée.




Ego Mégalo Parano
Ce soir je vais causer de moi, pour changer. Y a pas de raison : plein de monde parle de moi ces derniers temps alors autant faire pareil. Comme ça le monde entier pourra affirmer sans se tromper que j’ai un ego mahousse et que je jouis à ma simple auto-évocation.
Je suis un véritable héros des temps modernes, c’est un fait. Je dompte les ordinateurs les plus féroces du bout des doigts et mon clavier soupire d’aise lorsque je l’effleure de ma pulpe digitale pour dicter en langage machine aux processeurs les instructions géniales sorties de mon cerveau éblouissant. Et quand je frappe en UTF-81 , les touches tombent en pâmoison et se lancent à l’assaut de mes phalangettes comme autant de clitos rutilants attendant de pied ferme leur maître-dérideur2.
Il va de soi que je suis le meilleur écrivain du monde. J’invente des styles littéraires à moi tout seul. Un par jour sinon rien. Faut dire que j’ai de quoi raconter pendant dix longues vies, tellement aucune bête au monde n’aurait fait ce que j’ai accompli. Traverser l’Himalaya à pinces avec une seule paire de pompes de rechange, fallait oser. Des grolles à trois cent balles, carrément. Rien que ça. Sans compter le reste : mes exploits sont détaillés à l’envi par une foule d’admirateurs3 sur les forums les plus chics de l’internet français.
L’inventeur de la littérature en ligne, c’est moi. Mon nom traversera les siècle et me fera une belle jambe. Et des chevilles super potelées. Avant Andy Vérol j’étais dans la place. Historique.
Mais ce n’est pas tout : en politique je cartonne grave. À tel point qu’on veut ma peau. Dès que je pointe le bout du museau, des régiments d’agents furtifs sont à mes trousses, armés d’un super bazar dernier cri pour mieux me traquer et m’acculer à l’hallali. L’Insurrection Qui Vient, c’est de la gnognotte face à la Déconnologie©4 Vaudevillo-Immobiliste. Comme tous les alphas révolutionnaires, je suis paranoïaque, mais grâce à mon entendement supérieur je m’en sers comme d’une arme redoutable ; alors il est normal que l’on veuille m’estrapasser et qu’en haut lieu ça complote à ma perte.
Mais je suis invincible à Puycity, d’où j’orchestre le monde du bout des doigts dans mon p’tit atelier. Olé.