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Ego Mégalo Parano

Coucou c’est moi, dans mon antre sombre de la Maison de l’Horreur©, pris en photo par Pierre avant-hier. Pierre, c’est un client ; d’abord de l’atelier photographique de mon ami Alain −le Barbu−, puis de mon petit garage informatique. Un passionné passionnant qui contribue généreusement à l’illustration de l’Ici-Blog.

Ce soir je vais causer de moi, pour changer. Y a pas de raison : plein de monde parle de moi ces derniers temps alors autant faire pareil. Comme ça le monde entier pourra affirmer sans se tromper que j’ai un ego mahousse et que je jouis à ma simple auto-évocation.

Je suis un véritable héros des temps modernes, c’est un fait. Je dompte les ordinateurs les plus féroces du bout des doigts et mon clavier soupire d’aise lorsque je l’effleure de ma pulpe digitale pour dicter en langage machine aux processeurs les instructions géniales sorties de mon cerveau éblouissant. Et quand je frappe en UTF-81 , les touches tombent en pâmoison et se lancent à l’assaut de mes phalangettes comme autant de clitos rutilants attendant de pied ferme leur maître-dérideur2.

Il va de soi que je suis le meilleur écrivain du monde. J’invente des styles littéraires à moi tout seul. Un par jour sinon rien. Faut dire que j’ai de quoi raconter pendant dix longues vies, tellement aucune bête au monde n’aurait fait ce que j’ai accompli. Traverser l’Himalaya à pinces avec une seule paire de pompes de rechange, fallait oser. Des grolles à trois cent balles, carrément. Rien que ça. Sans compter le reste : mes exploits sont détaillés à l’envi par une foule d’admirateurs3 sur les forums les plus chics de l’internet français.

L’inventeur de la littérature en ligne, c’est moi. Mon nom traversera les siècle et me fera une belle jambe. Et des chevilles super potelées. Avant Andy Vérol j’étais dans la place. Historique.

Mais ce n’est pas tout : en politique je cartonne grave. À tel point qu’on veut ma peau. Dès que je pointe le bout du museau, des régiments d’agents furtifs sont à mes trousses, armés d’un super bazar dernier cri pour mieux me traquer et m’acculer à l’hallali. L’Insurrection Qui Vient, c’est de la gnognotte face à la Déconnologie©4 Vaudevillo-Immobiliste. Comme tous les alphas révolutionnaires, je suis paranoïaque, mais grâce à mon entendement supérieur je m’en sers comme d’une arme redoutable ; alors il est normal que l’on veuille m’estrapasser et qu’en haut lieu ça complote à ma perte.

Mais je suis invincible à Puycity, d’où j’orchestre le monde du bout des doigts dans mon p’tit atelier. Olé.

 

  1. Le codage informatique des lettres et chiffres le plus utilisé en Occident.
  2. Moi, bien sûr.
  3. Surtout trices et très mimis d’ailleurs.
  4. © Moi, 11 juillet 1996. Non mais.
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En plein boum

Ça boume, première nouvelle.

Sérieux : on n’a pas à se plaindre ; concentrés on appuie sur des touches et des boutons et de l’autre côté de l’écran ça s’agite, ça couine et ça détonne. Des elfettes gambillent et des trolls velus se font épiler ; de vieux sages sauvent la mise.

Sous la table le matou Cachalot dégomme des croquettes en plein roupillon. Les filles pouffent de rire dans la pièce au dessus ; allez savoir pourquoi ou encore mieux ne cherchez pas : du lever au coucher on se bidonne à fond les manivelles dans not’ maison de l’Horreur© pleine de kondukators et de kondukatrices ; nulle explication rationnelle à ce joyeux sabbat…

***

Idem pour l’Ici-Blog : y a pas de quoi pleurer souvent en lisant les commentaires ; pas besoin de tendre l’oreille pour ouïr fort et clair le tohu-bohu réjoui s’élevant du gang des Folichons depuis cinq mois bien révolus qu’on se retrouve Ici, déconnologues tous autant qu’on est jusqu’au tréfonds de notre tripaille désoxyribonucléique la plus intime − celle bien planquée entre les atominets.

La plupart d’entre nous se sont rencontrés sur le forum de Rue89 où y avait la bonne ambiance dans un temps pas si ancien, mais comme c’est plus tellement le cas de nos jours alors c’est chez moi qu’on squatte. Simple. La maison est ouverte en permanence et il y a largement de quoi nourrir et abreuver son monde à la cambuse ; le cuistot a le nez collé sur ses gamelles et ça mitonne au propane sur le piano.

Nonobstant, l’Ici-Blog n’est pas une annexe de Rue89 ni une loge discrète de ses aficionados : c’est d’abord et avant tout un speakeasy internétique en temps de Prohibition. Un tripot en plein air où les voyeurs sinistrés de la Tristouillerie peuvent tâter le fumôt fluté de nos concerts de pétomanes et savent pertinemment qu’en s’osant à quelques lignes Ici, ils se feront dévisser la tête et chier dans le corps à ras-bord dans la rigolade générale.

C’est dit, c’est édicté et c’est plié dans la foulée.

 

Publié dans Déconnologie, Edits Vespéraux | Autres mots-clefs : , , , , | 563 commentaires

De la tête au pied

Image : Shanti - cliquer pour agrandirRude vie que celle de Kondukator de l’Ici-Blog. Discipline spartiate et portion congrue au menu. Mener son peuple d’une main de fer, ça crispe les zygomatiques en rictus sardonique. Ça consomme des tonnes de calories et  me rend très mauvais pour l’effet de serre, et pas que. Un kondukator fulminant en pleine crampouille générale produit autant de méthane que mille brebis pétomanes.

Il convient donc de le poupougner ; un kondukator doit donc en outre entretenir un troupeau de créatures serviles pour son propre entretien, ce qui lui crée une charge supplémentaire, des soucis surnuméraires et un paradoxe fatiguant à résoudre. Mais sans ça il n’est pas. Le kondukator soutient et entretient, et il est soutenu et entretenu jusqu’à la fin des temps.

Le kondukator est mâle et fier pondeur, exception notable dans le vaste univers connu. Son cri de ponte est terrifiant : le billet du jour déchire tout sur son passage, avant son déboulementt au grand air. Je frémis en songeant aux malheureux pigistes qui pondent des articles. Un billet peut être doux, mais un arrrrrticle… rien qu’à l’entendre prononcer, ça arrache.

Et comme tous ses collègues, le Kondukator de l’Ici-Blog mène une double vie. Il provient lui ausi d’une planète du genre Krypton, est niaiseux et empoté, dépanne des ordinateurs dans un trou à ploucs et réapparaît dans son habit de lumière après passage dans une cabine téléphonique ou équivalent. Moi, c’est à la salle de bain que je tombe le caleçon long et mon tricot de peau en finette pour filer accomplir ma mission secrète : sauver l’Internet Sauvage de sa perdition dans le Spectacle.

Tout cela fait que le kondukator vit sous pression et à feu vif comme une gymnote flambée en cocotte à soupape. Dans sa tête s’élaborent incessamment les germicules de la pensette. Pas un instant de répit : entre ponte et gamberge, pas le temps de souffler.

Alors il ne faut pas s’étonner si le konduk’ fait sa tête de cochon : seul un pied de porc en vinaigrette parvient alors à l’apaiser.

 

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À table ! (par Hulk, GCDD)

Image : Alain Auzanneau _ cliquer pour agrandir

A Tavola !

Sur fond de musique d’ascenseur :

− Grande frite ou normale ?
− Grande, et de la mayonnaise.
− Crounch crounch crounch bave crounch
− Pardon m’sieur, ça vous dérange pas si je passe la serpillière ?
− Regarde un peu ce sans-gêne qui part sans jeter son plateau, ah là là, les gens n’ont plus d’éducation.

 

Sur fond de Mozart :

− Monsieur et madame ont-ils fait leur choix ?
− Certes oui, nous prendrons le tartinzoin au bituroscope, puis la guazidouille à la sauce trépassante aux petits zigouïgouïs. Puis vous me baillerez la carte des vins.
− Bien monsieur, excellent choix. Notre sommelier vous conseillera notre Château Selapaite 1978 qui sera parfait avec la guazidouille.
− Regarde un peu ce vendeur de bidet vulgaire avec cette fille de trente ans de moins que lui, ça doit être une pute, mon dieu mon dieu mon dieu.

 

Sur fond de vociférations klaxonnatoires :

− Putain, mais il va marquer le nègre à la fin !

− Bah, avec Domenech au cul, aucune chance, on est foutus, la France est foutue…
− Je suis pas d’extrême droite, j’ai même des amis gauchistes, mais faut reconnaître que le Pen ne dit pas que des conneries, et pas qu’en matière sportive…
− Ouais, Maurice, remets nous donc une tournée de cacahuètes et du saucisson, et deux pintes, faut qu’on soit prêts pour la seconde mi-temps.
− Eh regarde les deux qui bouffent tout en silence au fond de la salle, on dirait qu’ils nous prennent de haut, non, à pas aimer le foot ; ça m’a l’air de deux beaux pédés ces deux-là, on va aller leur demander qui ils supportent tiens, et on leur fera la bite au saindoux s’ils savent pas.

 

Sur fond de Petite Musique d’Ici-Blog :

Un beau bordel autour de la Grande Table. Ici, c’est pas compliqué, la bouffe est collective, à l’orientale : régulièrement, le taulier concocte une recette originale qu’il offre bien fumante dans une grande marmite (en fonte noire) au milieu de la Grande Table. Les habitués arrivent à l’heure qu’ils veulent, avec leur manger aussi, et chacun picore ce qui lui fait envie, sous le regard placide et attendri du patron, le sieur Cyp, dit Cypounet pour les habitués, ou Kondukator Kosmoplanétaire pour les inadvertants qui se sont trompés de crémerie.

Ça sent le tabac, parfois le tabac fourré, mais ça ne fait gueuler que l’hygiéniste empaillé qui pend au dessus de la Grande Table pour tenir éloignés les vampires, les cancéreux du cul et autres fâcheux.

Parfois, en mélangeant leurs ingrédients, quelques convives inventent une recette dont en toute modestie ils jugent que par son génie elle devrait révolutionner l’humanité façon Copernic, et ils vont alors perfectionner leur brouet dans une alcôve tout équipée préparée spécialement à leur attention par l’Homme de la Pampa qui sous des dehors bourrus et barbus veille d’un oeil bienveillant sur son établissement fort bien tenu qui sent encore le plâtre frais…

Ici, on ne croise pas de vendeur de bidets à pute, on ne passe pas la serpillière sous les pieds des convives, et on n’entend pas de glapissements hideux. On est chez tonton Cyp, autour de la Grande Table, et on semble s’y trouver pas mal, vu le temps qu’on y passe.

 

À table !

 

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Larguer le wagon

D'après un détail d'une photo de Dul - cliquez pour l'agrandir.Le Blogacyp, c’est fini. Ça continue sur l’Ici-Blog : www.ici-blog.net

C’est ici, faut pas chercher plus loin. Je ne change pas de cagna comme quand j’avais largué mon vieux site en plein chantier, mais simplement de titre et de devise. Et j’ai supprimé « écrivain » avant « en ligne et à l’œil » en dessous. Un qui écrit sur le Net n’est pas un écrivain ; ça ne se conçoit pas. Il n’y a pas encore de mot forgé pour ce genre de type d’espèce d’engeance. J’avais déjà rendu ma carte à la SGDL, et maintenant je décroche l’enseigne.

Sinon c’est toujours pareil : même tout. Pareil. Et ça méritait un billet, ce peu ? Tout mérite qu’on en parle, tout. Je pourrais écrire des tas de trucs sur des miettes de pain. C’est tout un petit monde, les miettes. Alors changer de titre aussi c’est important, à mes yeux. Les bigleux ont des cristallins loupes ; nous aimons contempler l’infiniment petit. Grands myopes, nous ne connaissons pas l’insignifiant ; tout est énorme ou flou et rien entre les deux.

Changer, c’est laisser quelque chose. Là, je lourde quelques oripeaux et des petits boulets. J’avance plus vite face au vent et ça fait du bien ; de temps à autre je dois changer sinon ça ne va pas. Je prépare la suite, c’est pour ça.

Hors-Sujet – le nouveau « poly-blog » en gestation – est en phase alpha : Dul a entamé les grandes manœuvres et d’ici peu ça devrait avoir une bonne petite gueule. Sur l’Ici-Blog ça a beaucoup bougé depuis l’arrivée ici d’une escouade de blogueurs de rue89… je ne m’y attendais pas du tout, et encore moins à ce que ça dure. C’est simple : après avoir souvent dépassé les 4000 visites par jour, ça s’est stabilisé aux alentours de 2000, et ça n’en décoince plus. Comme les fils de discussion dépassent largement les 150 commentaires quotidiens et qu’au delà de 300, ça ralentit considérablement l’affichage du blog, ça m’impose de pondre un billet tous les deux jours. Je commence à y prendre goût.

Quand Hors-Sujet naîtra, une grande partie d’entre nous s’y retrouvera, et l’Ici-Blog ne s’arrêtera pas. J’ai très envie de continuer à ce rythme. Mais aussi comme je le faisais avant avec des billets totalement à côté de la plaque, des haïkus longs, de la binosophie à pas cher, des trucs asiates et compagnie…

Le Net, c’est l’écriture !

Et l’amitié !

 

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