Nous y voilà : en plein état policier.
Même notre amie Tamsin a cédé à la pression : elle a elle aussi adopté un flic intérieur ; c’est très à la mode ces derniers temps.
Ça l’éclate et moi aussi. On se sent plus en sécurité ainsi ; rassérénés et nos taux d’hormones joyeuses grimpant aux rideaux.
Pourtant, dans le vaste univers, il est des êtres pusillanimes renâclant au port de la casquette : ils sont pleins de fiel et d’ennui, et la paranoïa les nimbe d’une pénible aura.
Ainsi, sur les grands forums dont nombre d’entre nous proviennent, nous en croisons souvent : drapés dans leur importance, ils caracolent en crachotant leur petit venin, et se la pètent tout en nous les brisant.
Le haut du panier de ces gens-là, c’est Julien Coupat : l’Homme Invisible que j’évoquais dans l’un de mes billets.
Et le fond du fond, c’est la trollesse multicompte de Rue89, dont nous ne retiendrons ici que l’appellation hulkienne : Pipirella.
Il s’agit donc dans cette discussion, de dire tout et n’importe quoi sur ces gens. Sans restriction aucune. Le hors-sujet est permis, et les gros mots aussi.
Et banzaï !



cyp – 2006

Terrasser l’ennemi
Les chiens se parlent, la nuit. Les terres émergées sont couvertes par les émetteurs de Radio Clébard. Je pensais souvent ça sous la toile, dans les hautes vallées himalayennes, percevant les échos du concert nocturne des cabots dans l’air ténu.
Ainsi les conflits se propagent : par la voie des airs. L’homme frappant sa femme entend celui qui entend celui qui, celui qui… loin loin loin ; au Kivu, tiens : mutile à la machette une jeune fille.
Faudrait pouvoir tourner le bouton. Il y a des zones blanches heureusement. Sur la terrasse et posée sur le guéridon1, c’est la paix. Elle se déguste lentement, précieuse comme du thé vert long aux fleurs.
Elle est si délicieuse, aux fruits rouges confits. Tentante au point d’en tomber en amour. Et puis gracieux ornement de chevelure. Sans elle à goûter, quel plaisir ?
Pourtant le monde se bat, au coin. C’est bien, de se battre, il paraît. Des fois je me bats ; je me suis battu ; je me battrai encore. Mais pas là ; c’est bien, là. Je me pose, là. Un de plus, un de moins : les guerriers n’y verront que du feu ; je passe inaperçu. Je fais chier personne.
On boucle la gueule à un chien, pas à l’esprit canin planétaire qui aboie nonobstant.
« Je suis un chien ? perhaps ! »
Léo Ferré – Il n’y a plus rien